Offrir un regard sur l’évolution des grandes civilisations du passé, tel est l’objectif du domaine dédié à l’archéologie, dont les collections placent aujourd’hui les Musées d’art et d’histoire au premier rang de la Suisse en ce qui concerne l’Antiquité classique.

Plus globalement, la Préhistoire, l’archéologie égyptienne, nubienne, classique et gallo-romaine occupent une place de choix dans les collections du MAH. Celui-ci possède des pièces uniques, issues des fouilles archéologiques de la région genevoise, de Suisse et d’ailleurs.

Johann Jakob Meyer

Un héros suisse de la guerre d’indépendance grecque

Avez-vous déjà entendu parler de Johann Jakob Meyer? Ou déjà lu quelque chose à son sujet? Non, très probablement. Rien d’étonnant à cela. À moins que vous ne soyez grec ou helléniste. Ou que vous ayez déjà visité Missolonghi ou l’exposition actuellement présentée au MAH, Genève et la Grèce. Une amitié au service de l’Indépendance, en vous arrêtant devant la vitrine le concernant; ou bien que vous ayez lu la notice qui lui est consacrée dans le catalogue qui accompagne l’exposition.

Continuer la lecture…

Le Club de lecture du MAH

Culture et convivialité

Le 16 décembre dernier, le GamMAH, espace culturel du MAH tout juste inauguré à la Promenade du Pin, accueillait la première réunion du Club de lecture du MAH. Dans la série des nouveaux formats que teste le musée depuis deux ans, ce cercle ouvert à toutes et à tous est l’occasion d’échanger de manière informelle, et dans un cadre intimiste, sur l’art de l’écrit, et plus largement sur la culture. Il entend donner une plus grande visibilité au livre et, ce faisant, s’inscrire à sa façon dans la grande tradition du café littéraire.

Continuer la lecture…

Un arbre dans la ville

Photographies de Jean-Marc Meunier à la Maison Tavel

Dans sa série Shopping Streets, le photographe Jean-Marc Meunier (1958-2020) s’intéresse aux rues marchandes uniformisées des villes européennes, traversées par une foule anonyme. La nature semble avoir déserté ces centres bétonnés, saturés d’enseignes publicitaires. Il suffit pourtant de parcourir les 150 clichés réunis par Eveline Notter dans l’exposition La Ville devant soi, visibles à la Maison Tavel jusqu’au 9 janvier 2022, pour remarquer que l’artiste valaisan tente tout autant de saisir l’urbanisation croissante que les vestiges de la nature, ces «ruines romaines» comme il les appelle. Dans plusieurs séries emblématiques, son regard se porte sur des arbres dénudés ou, au contraire, parés pour les fêtes de fin d’année. Ils deviennent alors le sujet principal et la ville, la toile de fond.

Continuer la lecture…

Cent cinquante ans avant l’Escalade

Une autre tentative d’échelage manquée

Si l’audacieuse tentative du duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie de s’emparer de Genève dans la nuit du 11 au 12 décembre 16021 devait se solder par un cuisant échec, ce n’est certes pas faute d’avoir minutieusement préparé cette attaque surprise. Ainsi, les échelles démontables destinées à escalader les murailles de la ville, fabriquées vraisemblablement à Turin et discrètement acheminées vers le théâtre des opérations, ont parfaitement joué leur rôle, permettant à la troupe d’élite commandée par Brunaulieu de s’introduire sans difficulté dans la cité endormie. À l’issue des combats, renversées et partiellement brisées par le coup de canon tiré depuis le bastion de l’Oie ainsi que par la fuite précipitée des assaillants, les échelles sont recueillies et mises en trophée avec le reste du matériel abandonné par les Savoyards2, puis étendues quelques jours plus tard «en memorial sous la hâle de la maison de ville3». Après une brève et tout aussi infructueuse incursion en territoire ennemi4, elles intègrent l’Arsenal, où divers témoignages attestent dès le XVIIe siècle la présence de ces «pièces [qui] sont à Genéve, d’agréables mémoriaux de sa délivrance5». Érigées en trophée à la Salle des Armures de l’ancien Arsenal, elles intègrent sous cette forme la salle d’armes du Musée d’art et d’histoire en 1910.

Continuer la lecture…

Aux sources du japonisme

Un coupe-papier signé Georges Bastard

Cet élégant coupe-papier reflète tant dans le choix de son matériau que dans son décor toute l’âme et le savoir-faire du Japon. C’est pourtant à un artiste français, Georges Bastard (1881-1939), que revient, en 1923, la création de cet objet finement façonné.

Continuer la lecture…