Les Maîtres de l’Imaginaire

Un dépôt d’exception au MAH

Durant l’été 2021, la Fondation Les Maîtres de l’Imaginaire a déposé sa collection au MAH. La collection est constituée de centaines de dessins et d’estampes ainsi que de livres pour enfants d’une cinquantaine d’auteurs provenant de différents pays (Angleterre, États-Unis, France, Italie, Suisse…). Depuis l’entrée de ce fonds au MAH, une grand partie – environ 600 pièces – a été inventoriée et photographiée. L’ensemble est désormais accessible en ligne sur le site de la collection du musée.

Un dépôt d’exception au MAH

Durant l’été 2021, la Fondation Les Maîtres de l’Imaginaire a déposé sa collection au MAH. La collection est constituée de centaines de dessins et d’estampes ainsi que de livres pour enfants d’une cinquantaine d’auteurs provenant de différents pays (Angleterre, États-Unis, France, Italie, Suisse…). Depuis l’entrée de ce fonds au MAH, une grand partie – environ 600 pièces – a été inventoriée et photographiée. L’ensemble est désormais accessible en ligne sur le site de la collection du musée.

La Fondation des Maîtres de l’Imaginaire

La fondation a été créée à Lausanne en 2017 par l’écrivain et illustrateur suisse Étienne Delessert. Elle a une double mission: patrimoniale et pédagogique. D’une part, elle rassemble et conserve, sous la forme de prêts à long terme ou de donations, des œuvres originales des années 1950 à nos jours d’illustrateurs renommés de livres jeunesse (Alain le Foll, André François, Robert O. Blechman, Heinz Edelman, Jean-Louis Besson, Eleonore Schmid…). D’autre part, elle s’implique activement dans la formation des nouvelles générations d’enfants et d’adultes à la lecture de l’image. Celle-ci ayant un rôle privilégié dans notre société, la fondation travaille également avec des artistes, des critiques et des spécialistes de la littérature pour enfants.

Heinz Edelman (1934-2009), The Prince ring, 1994. Aquarelle, 303 x 222 mm. Dépôt de la Fondation Les Maîtres de l’Imaginaire, 2021 ©MAH, photo: A. Lonchamp, inv. FLMI-0168-EDE-001.

Depuis sa création, quelques expositions collectives ont mis en valeur le fonds à travers le monde: Images de l’Occident. Illustrateurs d’Europe et d’Amérique au Tsinghua University Art Museum de Pékin (2020-2021); Les Maîtres de l’imaginaire, exposition itinérante (2018-2019), au Centre de l’illustration de Strasbourg, chez Les Libraires associés à Paris, et au Palazzo Accursio à Bologne.

Une collection vivante

La Fondation acquiert constamment de nouvelles œuvres, grâce à la générosité des artistes et aux liens qu’elle a su nouer avec eux. Depuis son dépôt au MAH, la collection s’est ainsi enrichie d’œuvres de Daniele Bour, Gilles Bachelet, Martin Jarrie, Bill Mayer ou encore Alan Cober.
Nombre de ces artistes-illustrateurs, au style et à la technique propres, ont commencé dans le milieu du graphisme et du dessin de presse et ont réalisé des couvertures de journaux ou de magazines renommés tels que The New Yorker ou Time Magazine (Marshall Arisman, Guy Billout, Eric Carle, Daniel Maja…). Leur grande variété ainsi que la diversité de leur inspiration (dessins humoristiques, naïfs, fantastiques, oniriques, mystérieux, sombres, etc.) sont mises en valeur dans l’exposition qui leur est actuellement consacrée par le MAH (8 octobre 2022-29 janvier 2023). Parmi eux, plusieurs ont d’ailleurs reçu le prestigieux Prix Hans Christian Andersen , à l’exemple des artistes suisses Jörg Müller (1994) et Albertine (2020), ou de Lisbeth Zwerger (1990), Quentin Blake (2002) et Roberto Innocenti (2008).

Martin Jarrie (1953), Drôles d’Oiseaux, 2006. Acrylique sur papier, 475 x 390 mm. Dépôt de la Fondation Les Maîtres de l’Imaginaire, 2021 ©MAH, photo: A. Lonchamp, inv. FLMI-0531-JAR-005

Richesse technique et iconographique

Les artistes se servent autant des techniques traditionnelles du dessin (crayon, pastel, gouache, fusain, encre, aquarelle, peinture à l’huile ou à l’acrylique, collage…) et de la gravure (eau-forte, lithographie) que des outils numériques (logiciels de dessin, photographie). Des exemples remarquables de cette maîtrise technique sont les délicats pastels de Gary Kelley pour Madame Bovary , les subtils dessins au crayon graphite de David Wiesner pour Sector 7  ou les collages et linogravures d’Enos Randall pour Mocha Dick .

Robert O. Blechman (1930), Franklyn the fly ?. Encre et aquarelle, 314 x 260 mm. Dépôt de la Fondation Les Maîtres de l’Imaginaire, 2021 ©MAH, photo: A. Lonchamp, inv. FLMI-0277-BLE-002

Le répertoire iconographique de la collection est très large. Il comprend tant des illustrations de fables d’Esope (620-564 av. J.-C.), des contes traditionnels de Charles Perrault (1628-1703), d’Hans Christian Andersen (1805-1875) ou des frères Jacob Grimm (1785-1863) et Wilhelm Grimm (1786-1859) que des ouvrages des XIXe et XXe siècles. Auteurs et illustrateurs ne sont parfois qu’une seule et même personne. Leurs histoires sont variées, incroyables et fantastiques: une grenouille qui sort de son habitat naturel dans The Frog Who Wanted to See the Sea de Guy Billout , des jouets qui deviennent humains dans Intrépides petits voyageurs de Georges Lemoine , une petite fille qui rencontre un dinosaure au musée dans I Met a Dinosaur de Chris Sheban , ou encore un chien qui recherche de pièces à ajouter à ses expositions au musée Curio dans Homer Henry Hudson’s Curio Museum de Zack Rock .

La collection comprend une centaine de livres , notamment de deux grands éditeurs spécialisés: The Creative Company et Grasset Jeunesse. La littérature pour jeunes connaît un grand succès et occupe une place importante dans le marché éditorial national et international. En Suisse, ce secteur ne cesse d’augmenter.

Rappelons que le MAH conserve depuis longtemps, dans la collection du Cabinet d’arts graphiques, des dessins d’illustration d’ouvrages. Citons par exemple ceux de Carlos Schwabe pour Le Rêve d’Émile Zola, de Jean-Pierre Saint-Ours pour le poème Le Lévite d’Éphraïm de Jean-Jacques Rousseau ou encore le fonds d’illustrations des voyages de Rodolphe Töpffer, également accessibles sur le site de la collection en ligne du MAH.

Alain Le Foll (1934-1981), C’est le bouquet, 1964. Aquarelle et encres (facsimilé), 285 x 261 mm. Dépôt de la Fondation Les Maîtres de l’Imaginaire, 2021 ©MAH, photo: A. Lonchamp, inv. FLMI-0167-LEF-012

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.