Collections

Le Musée d’art et d’histoire figure parmi les trois plus grands musées suisses. Encyclopédique, il abrite une collection variée, fruit de la réunion de plusieurs fonds muséaux et de dons de collectionneurs ou de fondations. Peintures, sculptures, estampes et dessins, livres, objets archéologiques et historiques – dont des bijoux, des montres et des émaux, des textiles, des icônes, des meubles ou de l’argenterie – permettent de voyager à travers le temps et d’explorer les grandes étapes des civilisations occidentales.

La Perse à Genève

La collection d’art persan de Jean Pozzi

Jean Pozzi (1884-1967), ministre plénipotentiaire de France en Iran et en Égypte, a légué sa collection de peintures persanes au Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH) à l’automne 1966. Exposée pour la dernière fois en 1992, la collection Pozzi est aujourd’hui conservée au Cabinet d’arts graphiques du MAH (CdAg) et est désormais accessible via le site de la collection en ligne du musée. Ces trésors persans pourront contribuer de manière significative et durable aux études persanes lorsqu’ils seront connus et reconnus par le monde universitaire, les mécènes et le grand public.

Continuer la lecture…

Noblesse oblige!

Quand les caprices des princes influencent la facture instrumentale

Dans sa collection cachée d’instruments de musique, le MAH conserve de précieux témoignages des mœurs aristocratiques françaises du XVIIIe siècle. Les nobles se piquent alors de vie champêtre, jouent aux bergers d’Arcadie au son de la vielle à roue et de la musette. Dans le même temps, ils refusent la pratique du violon jugé trop populaire et contribuent par ce «snobisme» au développement du pardessus de viole qui permet d’en jouer le répertoire sans perdre de sa superbe.

Continuer la lecture…

À la redécouverte de feuilles d’éventails

Quand une exposition fait avancer la recherche

À l’occasion de la préparation de l’exposition Feuilles d’éventails entre Europe et Japon, huit dessins en forme d’éventail ont été redécouverts dans les réserves du MAH. Acquis par le musée le 23 avril 1915 pour 1675 francs suisses, avec l’aide de la subvention fédérale, auprès de «Mr. Terracina» avec la simple mention «8 gouaches, mod[èles] p[ou]r Eventails?», leur étude a permis d’affiner leur datation et leur identification.

Continuer la lecture…

Cent cinquante ans avant l’Escalade

Une autre tentative d’échelage manquée

Si l’audacieuse tentative du duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie de s’emparer de Genève dans la nuit du 11 au 12 décembre 16021 devait se solder par un cuisant échec, ce n’est certes pas faute d’avoir minutieusement préparé cette attaque surprise. Ainsi, les échelles démontables destinées à escalader les murailles de la ville, fabriquées vraisemblablement à Turin et discrètement acheminées vers le théâtre des opérations, ont parfaitement joué leur rôle, permettant à la troupe d’élite commandée par Brunaulieu de s’introduire sans difficulté dans la cité endormie. À l’issue des combats, renversées et partiellement brisées par le coup de canon tiré depuis le bastion de l’Oie ainsi que par la fuite précipitée des assaillants, les échelles sont recueillies et mises en trophée avec le reste du matériel abandonné par les Savoyards2, puis étendues quelques jours plus tard «en memorial sous la hâle de la maison de ville3». Après une brève et tout aussi infructueuse incursion en territoire ennemi4, elles intègrent l’Arsenal, où divers témoignages attestent dès le XVIIe siècle la présence de ces «pièces [qui] sont à Genéve, d’agréables mémoriaux de sa délivrance5». Érigées en trophée à la Salle des Armures de l’ancien Arsenal, elles intègrent sous cette forme la salle d’armes du Musée d’art et d’histoire en 1910.

Continuer la lecture…