Maria Campagnolo-Pothitou

Collaboratrice scientifique – Monnaies et médailles

Maria Campagnolo-Pothitou est collaboratrice scientifique au Cabinet de numismatique, où elle assure aussi l'inventaire des collections depuis 1996. Diplômée des universités d'Athènes et de Genève en histoire et philologie, elle s'est formée en numismatique au Cabinet de médailles du canton de Vaud entre 1993 et 1996. «Une monnaie pour la Suisse» (1998), «Parures d'une princesse byzantine» (2000), «Chypre, d'Aphrodite à Mélusine» (2006-2007), figurent parmi les expositions auxquelles elle a activement participé. Elle a également été amplement impliquée dans l'élaboration des expositions permanentes de la salle Zakos (2005) ainsi que de la salle romaine (2010). Byzantiniste, elle s'est vu confier l'étude de la collection des sceaux byzantins des MAH en 2008. En collaboration avec le prof. Jean-Claude Cheynet, elle a publié le catalogue raisonné, paru en 2016 aux éditions 5 Continents, sous le titre Sceaux de la collection George Zacos au Musée d'art et d'histoire de Genève.

Le portrait de Jules César

L’avers de sa monnaie

Dans le cadre de l’exposition César et le Rhône, présentée dans les salles palatines du Musée d’art et d’histoire en 2019, le public a eu la chance de pouvoir admirer, entre autres, un buste présumé de César qui faisait aussi l’affiche de l’événement. Émergé du Rhône en 2007, lors des fouilles aquatiques menées à Arles, le beau buste masculin en marbre grec avait suscité à l’époque l’émoi et un vif débat autour de l’identité du personnage représenté: serait-ce le portrait de Jules César, fondateur de la colonie d’Arles, en 46 av. J.-C.? Serait-ce alors un portrait contemporain ou posthume? Malgré des arguments solides avancés de part et d’autre, la discussion n’est toujours pas close, et c’est tant mieux: l’étude sur l’art du portrait romain en profite, la célébrité du buste aussi.1)

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À quel saint se vouer?

Sceaux et piété populaire à Byzance

La querelle des images saintes à Byzance a vu sa conclusion par la proclamation de la restauration définitive du culte des icônes, lors du Synode de Constantinople, en 843. Leur vénération deviendra même symbole de l’Orthodoxie, la croyance droite, expression par excellence de piété et d’identité culturelle. Au terme de presque cent-vingt ans d’une tourmente théologique qui a profondément bouleversé la vie politique, sociale, spirituelle et artistique de l’Empire et de son Église, la paix était retrouvée. Toute remise en question des images saintes et du corollaire des deux natures indissociables du Christ était dorénavant perçue comme une hérésie qui condamnait ses tenants à l’exclusion de la vie de l’Église.

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Devoir religieux et affirmation sociale à Byzance

Le témoignage des tessères de charité

Aimer son prochain comme soi-même est l’enseignement fondateur du christianisme. Venir en aide à ceux qui sont dans le besoin en est une expression tangible et largement louable. Comme le rappellent les Écritures, soulager la misère des pauvres, surtout par le partage alimentaire, est un moyen de se rapprocher de Dieu et d’assurer le salut de son âme: «Celui qui a pitié du pauvre prête à l’Éternel, qui lui rendra selon son œuvre.» (Proverbes, 19-17).

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Les bulles des dames de l’aristocratie byzantine

La place des femmes dans la société byzantine

À l’occasion de la Journée internationale de la femme et dans le cadre de la publication du catalogue Sceaux de la collection George Zacos au Musée d’art et d’histoire de Genève (Cinq continents, 2016), retour sur la collection des sceaux byzantins du MAH qui comprend des bulles et tessères de charité** de dix aristocrates, dont quatre impératrices.

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