Georges Adéagbo

Un CD de Lisa Stansfield entre les mains de Dark Vador

«Marchant, je passe devant quelque chose abandonné au sol, oublié sur un banc, et cent pas plus loin, une voix dans ma tête me dit: reviens et emmène-moi… !1» La main qui recueille cet objet est celle de Georges Adéagbo, artiste né au Bénin en 1942. Attentif aux couleurs, aux formes, aux mots, il repère une chose délaissée par un passant ou rejetée par la mer tout en collectant figurines, livres, journaux, magazines et CD dans diverses brocantes et échoppes. Il emporte ses multiples trouvailles dans son atelier et les associe à d’autres objets et illustrations. C’est ainsi qu’est né le diptyque La Philosophie de l’art… et L’Eau, la clé… conservé au Musée d’art et d’histoire. Il est aujourd’hui présenté à la Maison Tavel à l’occasion de la parution d’un ouvrage qui ravive le souvenir de la venue de l’artiste à Genève en 2018.

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«Des mots, des mots, des mots»

Stefano Boccalini, La raison entre les mains

En découvrant l’exposition à la Maison Tavel, La raison entre les mains, Hamlet aurait sans doute à nouveau exprimé sa désillusion en prononçant sa fameuse réplique: «Words, words, words». Et à juste titre, car une trentaine de mots occupent les espaces du bâtiment historique. Mais les vocables de Stefano Boccalini  ne pointent pas l’insignifiance des signes placés côte à côte, comme le suggérait le célèbre personnage de Shakespeare; au contraire, en présentant des mots libérés des contraintes syntaxiques, l’artiste italien interroge leur potentialité sémantique en la doublant d’une remarquable valeur esthétique. Principalement composés de grandes lettres sculptées dans le bois, brodées, tissées de fils de coton ou de fibres végétales, ils sont disposés dans les salles et recoins de la demeure genevoise. Leur transformation en œuvres d’art est le résultat d’une étroite collaboration entre Stefano Boccalini et des artisans d’une région alpine du nord de l’Italie. Le fruit de ces échanges privilégiés est présenté pour la première fois au public à la Maison Tavel, du 1er avril au 27 juin 2021.

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Quand un «Bouquetin» se fait siège

Un fauteuil signé Yves Boucard entre dans les collections

Imaginez un bouquetin fièrement campé sur ses pattes arrière observant au loin le panorama qui s’étend devant lui. Imaginez à présent que ce dernier s’élance depuis un rocher escarpé et qu’un artiste décide de s’inspirer à la fois de sa force et de son agilité pour le sculpter dans le bois. Le fauteuil Bouquetin créé en 2000 par le Suisse Yves Boucard figure cette transformation d’un animal alpin en objet du quotidien. Il est le fruit d’un regard attentif porté sur un environnement vivant et d’une volonté de rendre l’habitat aussi poétique qu’étonnant. Le Musée d’art et d’histoire a le privilège de recevoir en donation ce siège qui prend place au deuxième étage de la Maison Tavel. Il s’agit de la première œuvre de cet artiste à entrer dans les collections.

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L’Appel du large de Romain Bévierre

Une œuvre insolite qui enchante Genève

Par une matinée ensoleillée de septembre, l’artiste et écrivain Romain Bévierre a franchi la porte de la Maison Tavel un gros sac sur l’épaule et le bas du visage masqué, comme il se doit en cette fin d’été 2020. Accueilli à l’étage, il pose délicatement le chargement sur une table, soulagé de savoir son contenu intact malgré les secousses du déplacement. Il dévoile alors un objet en bois d’une quarantaine de centimètres de hauteur: de prime abord, cette pièce ressemble à n’en pas douter à une vieille horloge décorée de pierres fines et de métaux précieux. Mais nul besoin d’être horloger pour se rendre compte que l’objet réunit un assemblage étrange qui ne saurait se laisser enfermer dans une catégorie bien précise. Intitulée L’Appel du large, l’œuvre mystérieuse nourrit une réflexion sur le temps et illustre les multiples facettes de l’artiste genevois. Elle est à découvrir du 1er novembre 2020 au 9 mai 2021 à la Maison Tavel.

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Dans la Cité du futur

Installation immersive à la Maison Tavel

Dans le cadre du Spielact Festival, la Maison Tavel accueille du 5 juin au 9 juin Dans la Cité du futur, une installation immersive inédite au cœur de sa citerne datant du XVIIe siècle. Les artistes et designers Philippe Cramer & Boris Edelstein, avec la collaboration d’Alexandre Burdin-François, se sont associés pour investir cet ancien réservoir d’eau en le recouvrant de miroirs et de tubes lumineux. Témoin privilégié d’un passé urbain, la plus ancienne maison de Genève se mue en écrin de choix pour faire dialoguer la cité d’hier avec celle de demain. Le soir de l’inauguration, l’installation sera activée par le danseur Kiyan Khoshoie qui entrera dans la citerne historique pour une performance étonnante, ainsi que par la poétesse Heike Fiedler qui donnera à voir les mots sous une autre lumière.

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