Pour la galerie. Mode et portrait

Entre pouvoir, soif d’évasion et foire aux vanités

Le portrait est l’un des points forts des collections de peinture du Musée d’art et d’histoire: avec le paysage, il sert de fil rouge au nouvel accrochage des salles permanentes, qui déroule une histoire de l’art occidental depuis la Renaissance, au prisme du goût des collectionneurs genevois qui les ont réunies. L’exposition du musée Pour la galerie. Mode et portrait propose un autre point de vue sur ce genre clé de la période moderne et contemporaine, jadis réservé à une élite, mais qui a fait irruption dans nos vies par le biais de la photographie, des téléphones portables et des réseaux sociaux. Rompant avec la chronologie pour confronter les époques, l’exposition propose d’en explorer les codes, les continuités et les ruptures, en mettant en avant l’un de ses principaux accessoires: le vêtement.

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Madame Sophie de France vue par Liotard

Une nouvelle acquisition pour les Beaux-Arts

En automne 2019, le Musée d’art et d’histoire a fait l’acquisition du Portrait de Madame Sophie de France de Jean-Étienne Liotard auprès d’une collection privée. Réalisée entre 1750 et 1753, cette huile sur toile s’ajoute à l’ensemble important d’œuvres du grand artiste genevois conservé par le MAH : quatre tableaux (dont le célèbre Liotard riant), trente-sept pastels, trente-trois dessins, cinq miniatures, deux émaux et la totalité – à une exception près – de son œuvre gravé. Cet achat est d’autant plus pertinent que le musée a déjà en sa possession le pastel Madame Sophie de France du même artiste ; la confrontation jusqu’alors inédite entre les deux œuvres promet d’être riche d’intérêt.

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Les œuvres d’art sont-elles silencieuses?

L’exposition Silences se penche sur la question.

Silencieux, les arts plastiques le sont par essence, comme le rappelle l’expression «poésie muette» qui, dès l’Antiquité, fut employée pour désigner la peinture. Mais toute œuvre d’art est-elle pour autant silencieuse? Il est des peintures bavardes, criardes même, et il en est d’autres qui se tiennent «coites». Certaines incitent à l’intériorité de la prière, d’autres ouvrent à la contemplation de l’infini, certaines nous laissent interdits ou dans l’effroi, d’autres, énigmatiques et secrètes, semblent une matérialisation de l’ineffable.

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Le monde onirique d’AES+F au MAH

Trois projets de l’exposition Theatrum Mundi

Actif depuis 1987, le collectif russe AES+F (Tatiana Arzamasova, 1955; Lev Evzovich, 1958; Evgeny Svyatsky, 1957 + Vladimir Fridkes, 1956, qui a rejoint le groupe en 1995) est à l’honneur dans les salles palatines du MAH avec une exposition organisée autour de deux de leurs vidéos récentes, Allegoria Sacra (2011-2013) et Inverso Mundus (2015). AES+F. Theatrum Mundi invite à un spectacle total en proposant un panorama des dix dernières années d’une création baroque et protéiforme, avec des peintures numériques, des sculptures et des photographies issues de projets divers.

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Une collection revisitée

Nouvelle présentation de la collection beaux-arts, première partie

En 2018, l’équipe du domaine des beaux-arts du Musée d’art et d’histoire s’attelle à un nouvel accrochage complet de  la collection. Entamé au printemps par la partie moderne, de Camille Corot à Christo, il s’achèvera dans un an avec l’art ancien, de Konrad Witz à Alexandre Calame. Chronologique, ce parcours déroule un fil du Moyen Âge à la seconde moitié du XXe siècle, ponctué par quatre espaces réservés à des présentations évolutives d’œuvres des collections. Deux d’entre eux bénéficient d’une programmation réalisée en collaboration avec le Cabinet d’arts graphiques du MAH, et présenteront ainsi un choix régulièrement renouvelé de dessins et de gravures de maîtres anciens et modernes en relation directe avec les œuvres des salles adjacentes. Les deux autres espaces ouvriront à intervalles réguliers des fenêtres sur des aspects particuliers de la collection, ou proposeront des présentations liées à l’actualité. Deux de ces salles seront inaugurées en septembre, avec des expositions-dossiers: l’une consacrée aux carnets de Ferdinand Hodler et l’autre à la vaste campagne d’étude et de restauration de ses œuvres, qui s’est tenue en 2017.

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