Abou Simbel

Les célèbres temples dans les archives d‘Édouard Naville

Le Musée d’art et d’histoire conserve plusieurs centaines de documents d’archives (dessins, photographies, textes, coupures de presse) ayant appartenu à l’égyptologue et archéologue genevois Édouard Naville (1844-1926) et à sa femme Marguerite Naville (1853-1930). Parmi ces archives, il existe une série de clichés de la fin du XIXe et du début du XXe siècle signés P(ascal) Sebah, célèbre atelier photographique opérant au Proche-Orient.

Les célèbres temples dans les archives d‘Édouard Naville

Le Musée d’art et d’histoire conserve plusieurs centaines de documents d’archives (dessins, photographies, textes, coupures de presse) ayant appartenu à l’égyptologue et archéologue genevois Édouard Naville (1844-1926) et à sa femme Marguerite Naville (1853-1930). Parmi ces archives, il existe une série de clichés de la fin du XIXe et du début du XXe siècle signés P(ascal) Sebah, célèbre atelier photographique opérant au Proche-Orient.

Deux tirages de ce studio illustrent Abou Simbel, site archéologique de Basse-Nubie localisé, à l’époque, au bord du Nil. Comme nous allons le voir, ces photographies revêtent aujourd’hui une importance particulière…

Abou Simbel et ses temples

À Abou Simbel, le pharaon Ramsès II consacra deux temples sur la rive occidentale du Nil. Le premier, nommé le Grand temple, est un hémispéos (en partie creusé dans la roche et en partie bâti en maçonnerie) édifié à l’origine sur la colline de Méha. Il est dédié à Ramsès II et aux dieux Amon et Rê-Horakhty. Sur sa façade, taillée en forme de pylône traditionnel, sont érigés quatre colosses d’environ 20 mètres de hauteur représentant Ramsès II (fig. 1).

Fig. 1 Vue du Grand temple d’Abou Simbel, 4e quart XIXe siècle – 1er quart XXe siècle, tirage photographie de P(ascal) Sebah, ©MAH, inv. A 2007-24-2-15

Le deuxième, nommé le Petit temple, est un spéos (creusé dans la roche) localisé à l’origine sur la colline d’Ibshek. Il est dédié à l’épouse de Ramsès II, Nefertari. Sur sa façade sont érigées six statues colossales. De part et d’autre de la porte se dresse Ramsès II accompagné de Nefertari; aux extrémités de la façade deux autres statues de Ramsès II encadrent le tout (fig. 2).

Fig. 2 Vue du Petit temple d’Abou Simbel, 4e quart XIXe siècle – 1er quart XXe siècle, tirage photographique de P(ascal) Sebah, ©MAH, inv. A 2007-24-2-16

Le sauvetage de l’UNESCO

La construction du haut barrage d’Assouan, entre 1960 et 1970, a permis à l’Égypte d’endiguer la crue du Nil, qui venait inonder chaque année les plaines du pays, pour ainsi protéger les installations agricoles modernes et augmenter la production électrique. Cette édification a provoqué une montée massive des eaux et, par conséquent, la naissance d’un grand lac baptisé Nasser.

De nombreux temples, y compris ceux d’Abou Simbel, se seraient vus entièrement engloutis dans cette nouvelle étendue d’eau sans le programme de sauvetage mis sur pied par l’UNESCO. L’organisation internationale a en effet lancé une campagne visant à réunir l’aide nécessaire auprès des cent nations membres pour mener à bien ce projet titanesque sous le slogan «Abou Simbel. Maintenant ou jamais» (fig.3). Les temples d’Abou Simbel ont ainsi été démantelés et reconstruits, bloc après bloc, sur des collines artificielles au bord du lac Nasser. En remerciement du concours suisse dans le sauvetage des temples, la république arabe d’Égypte a remis à la Confédération en 1972 la grande statue de Sekhmet, exposée aujourd’hui au Musée d’art et d’histoire de Genève.

Fig. 3 Le Courrier de l’UNESCO. Une fenêtre ouverte sur le monde, octobre 1961 (XIVe année)
© UNESCO

Les photographies de P(ascal) Sebah conservées parmi les archives d’Édouard et Marguerite Naville sont donc un témoin essentiel du temps (pas si lointain!) où les temples d’Abou Simbel se dressaient encore à l’emplacement choisi par le pharaon il y a 3500 ans…

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