Médaille de la Trinité dans sa vitrine au MAH

Une médaille de la Trinité

Une médaille exceptionnelle

Une des pièces majeures à être entrée dans les collections du Cabinet de numismatique est sans conteste la médaille de la Trinité par Hans Reinhart l’Ancien (Dresde 1520-Leipzig 1581). Elle constitue un des sommets de l’art de la médaille qui fleurit en Allemagne au XVIe siècle. Le mode de fabrication est des plus singuliers et il fait toute la rareté de la pièce: le corps est coulé, les détails ont ensuite été ciselés; le crucifié et d’autres parties de la médaille sont travaillés séparément et rapportés. Par sa rareté, autant que par sa complexité, c’est une pièce exceptionnelle. Les exemplaires de cette médaille proviennent des cabinets princiers d’Allemagne.

Médaille de la Trinité, par Hans Reinhart l'Ancien

Les deux faces de la Médaille de la Trinité de Hans Reinhart l'Ancien, 1544, © MAH, photo: B. Jacot-Descombes, inv. 1999-76

Les deux faces de la Médaille de la Trinité de Hans Reinhart l’Ancien, datée de 1544, © MAH, photo: B. Jacot-Descombes, inv. 1999-76

Orfèvre et médailleur, Hans Reinhart (ou Reinhard) l’Ancien, actif de 1535 à 1568, le fut aussi bien au service de Charles V que de la Réforme. En 1537, il produisit une superbe médaille en or représentant Charles V, dont celui-ci aimait faire présent, suspendue à une chaîne du même métal, telle une décoration. La production de Reinhart comprend également des médailles représentant des héros du luthéranisme, princes ou réformateurs, et des sujets bibliques. Enfin, la grandiose médaille de la Trinité – commissionnée par le duc Maurice de Saxe en 1544, comme on le lit sur la pièce elle-même – est peut-être, parmi les médailles de sujet religieux produites autant par Hans Reinhart lui-même que par ses confrères, celle qui représente de la façon la plus achevée la reprise de l’aspiration de Dürer et de Cranach l’ancien à «créer une forme d’art incarnant la foi protestante».

Toutefois, l’idée impériale, également présente sur la médaille, et la vigoureuse défense de la Trinité – bien dans la tradition de l’art sacré allemand – pouvaient en faire un instrument de propagande pour une réconciliation générale dans un empire tolérant à l’égard des grandes confessions désormais établies: la catholique romaine, la luthérienne et la calviniste. La médaille de la Trinité, destinée à servir des idéaux de pacification, est particulièrement à sa place dans un musée genevois.

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l Catégorie: Blog, Collections.

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