Une collection revisitée

Nouvelle présentation de la collection beaux-arts, première partie

En 2018, l’équipe du domaine des beaux-arts du Musée d’art et d’histoire s’attelle à un nouvel accrochage complet de  la collection. Entamé au printemps par la partie moderne, de Camille Corot à Christo, il s’achèvera dans un an avec l’art ancien, de Konrad Witz à Alexandre Calame. Chronologique, ce parcours déroule un fil du Moyen Âge à la seconde moitié du XXe siècle, ponctué par quatre espaces réservés à des présentations évolutives d’œuvres des collections. Deux d’entre eux bénéficient d’une programmation réalisée en collaboration avec le Cabinet d’arts graphiques du MAH, et présenteront ainsi un choix régulièrement renouvelé de dessins et de gravures de maîtres anciens et modernes en relation directe avec les œuvres des salles adjacentes. Les deux autres espaces ouvriront à intervalles réguliers des fenêtres sur des aspects particuliers de la collection, ou proposeront des présentations liées à l’actualité. Deux de ces salles seront inaugurées en septembre, avec des expositions-dossiers: l’une consacrée aux carnets de Ferdinand Hodler et l’autre à la vaste campagne d’étude et de restauration de ses œuvres, qui s’est tenue en 2017.

Ferdinand Hodler (1853-1918), Portrait de Charles Abet (Le Liseur)
Huile sur toile, 68,8 x 65,6 cm © MAH Genève, photo : B. Jacot-Descombes, inv. 1929-0068

Dans l’intimité de Hodler

Le 1er mars s’ouvre le plus important de ces nouveaux espaces avec Hodler intime, un accrochage mis sur pied en complément de la grande exposition Hodler//Parallélisme présentée au Rath. Articulé autour de citations tirées des notes et de la correspondance personnelles du peintre, il met notamment en valeur le thème du portrait: de femmes, de membres de son cercle d’amis et de mécènes, mais aussi de lui-même, avec des autoportraits marquant les étapes de son évolution artistique, des années de formation à celles de la maturité. L’on retrouve aussi des «portraits» moins attendus, comme ces  tableaux figurant des arbres isolés, que le spécialiste Jura Brüschweiler proposait de considérer comme autant d’autoportraits indirects. S’y ajoutent d’autres évocations de l’intimité du peintre avec, par exemple, le mobilier de son salon, commandé au grand architecte et designer viennois Josef Hoffmann, ou sa dernière toile inachevée.

Henri-Edmond Cross ( 1856-1910), Le Lesteur, 1906
Huile sur toile, 92 x 72 cm © MAH, photo : Yves Siza, inv. 1954-0035

Baigneurs et modernité

Dès le 1er mars également, le nouvel accrochage de la partie moderne, intégrant la sculpture aux salles de peinture, offre un parcours recentré sur l’art suisse, avec des éclairages thématiques sur le portrait et le paysage, deux points forts de la collection. Le meilleur de la modernité helvétique du tournant et de la première moitié du XXe siècle, marqué successivement par le symbolisme, le fauvisme, le futurisme ou le cubisme, s’y trouve revalorisé, d’Augusto Giacometti à Maurice Barraud, en passant par Alexandre Perrier, Carlos Schwabe, Alice Bailly ou Gustave Buchet, tout en réservant une place de choix à Félix Vallotton et ses amis nabis. Les joyaux de la collection d’art international, de Vincent van Gogh à Chaïm Soutine, n’en sont pas pour autant négligés: redéployés dans l’atmosphère plus intime des cabinets, ils sont mis en valeur par différents regroupements. Enfin, en attendant le retour des plus beaux Hodler de la collection, au terme de diverses expositions de cette année anniversaire, la salle qui lui est réservée propose un accrochage sur le thème des baigneurs. Né du développement des bains de mer dès le premier tiers du XIXe siècle, ce nouveau type de scène de genre a nécessité l’invention de solutions formelles, défi relevé par des artistes allant de Paul Cézanne à Pablo Picasso.

 

 

Ce texte est paru dans le MAHG, mars-août 2018

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