Un Osiris végétant sous la loupe 5/10

Les décors du cercueil (II): les motifs figuratifs

L’Osiris végétant acquis par le MAH en 2017 est une figurine rituelle de l’Égypte ancienne confectionnée lors de cérémonies en l’honneur du dieu Osiris. Il se compose d’un cercueil en bois mesurant 50,4 x 16,8 x 14,7 cm sur lequel est représentée une tête de faucon. À l’intérieur gît le simulacre de la momie d’Osiris muni d’un masque en cire peinte de 18,7 x 8 x 9 cm. En complément à l’étude publiée dans la revue Genava, n°65, voici le cinquième article d’une série relative aux traitements de conservation-restauration et aux études matérielles réalisés.

Un décor invisible

Des restes ténus de motifs peints en blanc ont été découverts après le nettoyage du cercueil (Fig. 1 et 2). En grande partie effacés, ils n’étaient a priori pas suffisamment perceptibles pour être étudiés. Mais une fois soumis à un rayonnement ultraviolet, la plupart a gagné en lisibilité (Fig. 3a et 3b). Certaines des photographies réalisées ont même été retravaillées pour en améliorer la lisibilité, par exemple en inversant les couleurs (Fig. 5 à 19). Elles ont servi à la retranscription des motifs par Marie Bagnoud et à leur étude par Katia Novoa et Jean-Luc Chappaz.
Une figure se trouve au centre de la poitrine, et six autres s’alignent verticalement sur chaque flanc (Fig. 04). Un cartouche apparaît au dos du sarcophage, et un autre sur le sommet de la tête.

Un Osiris végétant sous la loupe 5/10

Liant et pigment

Un micro-échantillon de peinture blanche a été prélevé sur un motif se trouvant du côté gauche, au pied du sarcophage. Analysé par spectrométrie infrarouge (FTIR), le liant est, sans surprise, le même que celui des autres couches picturales du cercueil : de la gomme d’acacia. Quant au pigment, il a été identifié par FTIR comme étant de la huntite, un minéral dont l’usage est attesté en Égypte ancienne. Il peut être mélangé à d’autres pigments blancs (comme le carbonate de calcium) auxquels il apporte une brillance supplémentaire. Ici, cependant, le pigment semble avoir été utilisé seul comme en atteste le spectre FTIR.

Le mystère des cartouches

S’il ne fait presque aucun doute que le grand cartouche du dos de la cuve ne contient aucune inscription (Fig. 18), la question se pose au sujet du cartouche placé sur le sommet de la tête. Les images prises en lumière rasante montrent non seulement le relief du pourtour du cartouche, mais aussi plusieurs éléments à l’intérieur de ce dernier. Par ailleurs, l’éclairage ultraviolet permet d’entrevoir ce qui pourrait être des traces supplémentaires de peinture. Celles-ci sont si faibles que leur lecture est tout à fait incertaine. Pour cette raison, nous avons renoncé à en publier une quelconque interprétation et nous nous contentons de partager nos observations à partir des images réalisées (Fig. 19).

Sommaire

1/10 Introduction
2/10 Le cercueil, une pièce de bois restaurée dans l’antiquité
3/10 L’identification et la datation du bois
4/10 Les décors du cercueil I
5/10 Les décors du cercueil II: les motifs figuratifs
6/10 La conservation-restauration du masque
7/10 Les couleurs du masque
8/10 Les textiles
9/10 Le contenu de la momie
10/10 Les amulettes

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