Musée¦Musique 2014

Concerts autour de Carl Philipp Emanuel Bach

Le cycle de concerts Musée¦Musique sur instruments historiques, organisé avec la Fondation de la Ménestrandie autour de la collection du Musée d’art et d’histoire, est consacré cette année à Carl Philipp Emanuel Bach à l’occasion du tricentenaire de sa naissance. Il met à l’honneur les instruments à claviers – d’une incroyable diversité dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle – et permet d’entendre des pianoforte et des clavecins des plus célèbres facteurs de l’époque.

C. P. E. Bach et les instruments de musique à cordes pincées ou frottées

Les deux premiers concerts du cycle, des concerts comparatifs, s’inscrivent dans le cadre des rencontres harmoniques  et invitent à entendre l’œuvre de C. P. E. Bach (1714-1788) tant sur des instruments à cordes pincées qu’à cordes frappées. En effet, ce compositeur, à la charnière de la musique baroque et classique, écrivit pour les deux types d’instruments qui ne sont alors pas confinés dans des rôles précis. Il composa même des pièces associant clavecin et pianoforte.

Son père Johann Sebastian a eu l’occasion de tester un pianoforte de Gottfried Silbermann – dont on pourra entendre résonner un exemplaire de 1749 au musée – mais a douté que l’instrument ait un jour du succès! Quelques années plus tard, les pianoforte connaissent cependant un essor important, précisément parce qu’ils permettent de jouer piano et forte, offrant ainsi des nuances impossibles avec les instruments à cordes pincées.

Ces concerts mettent en évidence l’émulation existant dans l’univers des facteurs. En collaboration avec les musiciens, ils développent des instruments capables de restituer les plus délicates inflexions, à la fois rapides, souples sous les doigts et dotés de timbres raffinés. Et ce, quel que soit le mode de production du son: cordes frappées ou cordes pincées.

Des instruments d’exception

Les instruments de musique qui viennent à Genève pour cette occasion sont tous extrêmement précieux. On aura la chance d’entendre, par exemple, un pianoforte (Florence, 1726) de Bartolomeo Cristofori (1655-1731) , l’inventeur de la mécanique à cordes frappées, inspirée par le clavicorde. Cristofori met au point vers 1700 le système d’échappement des marteaux et crée ainsi un nouvel instrument nommé gravicembalo col piano e forte («clavecin avec du piano et du forte») ou, plus simplement, pianoforte. D’Italie, le pianoforte se propage en Allemagne grâce à Gottfried Silbermann (1683-1753) qui reproduit quasiment à l’identique la mécanique de Cristofori en y apportant toutefois une amélioration: celle d’élever les étouffoirs.

Le clavecin de Jacob Stirnemann, propriété de la Fondation La Ménestrandie, sera aussi mis à l’honneur, tant pour les concerts comparatifs qu’à l’occasion d’un nouveau rendez-vous de midi, les concerts-pliant qui proposent de venir entendre Rameau ou Couperin à l’heure du sandwich!

Le Clavcin Stirnemann de la fondation de la Ménestrandie

Le Clavecin Stirnemann de la Fondation La Ménestrandie

 C. P. E. Bach à Postdam

Johann Sebastian Bach n’avait pas souhaité que son deuxième fils survivant subisse la «condition subalterne» de musicien et lui avait fait suivre une formation en droit. Si C. P. E. Bach garde de ses études humanistes une certaine culture et une amitié avec des écrivains réputés, il ne souhaite néanmoins pas être juriste.

Il entre au service du Prince héritier Fréderic de Prusse en tant que claveciniste, poste qu’il occupera durant trente ans. Fréderic est un excellent flûtiste et un passionné de musique qui attire la fine fleur des musiciens prussiens d’abord dans son château de Rheinsberg, puis à sa cour de Postdam où il s’installe quand il accède au trône en 1740. Frédéric II encourage les inventions des facteurs. Il acquiert sept pianoforte de Silbermann et plusieurs de ses clavicordes. La vie musicale à la cour tourne autour de l’intérêt du roi pour le traverso.

C’est dans ce contexte que s’inscrivent les sonates jouées lors du troisième concert Musée¦Musique, des pièces composées entre 1745 et 1749 qui permettaient au claveciniste de la cour d’accompagner son maître, lui-même à la flûte. Ce concert permettra d’entendre l’un des fleurons de la collection de la Fondation La Ménestrandie: un pianoforte carré de Christian Baumann (Zweybrücken, 1775) dont la sonorité incisive et cristalline se mélangera au doux timbre du traverso.

Le Pianoforte de Baumann de la Fondation de la Ménestrandie

Le Pianoforte de Baumann de la Fondation La Ménestrandie

Recherche appliquée

Le dernier concert du cycle fait la part belle à un projet de recherche de la Haute École de musique de Genève sur Vlado Perlemuter et la problématique de l’interprétation pianistique au début du XXe siècle du piano français. Si le répertoire est bien loin de Bach, on n’en reste pas moins dans l’univers des claviers. Comme l’an dernier avec un stage professionnel de l’Abbaye de Royaumont, la Fondation La Ménestrandie et le MAH ont à cœur d’ouvrir leur programmation à de jeunes interprètes et de donner une visibilité à la recherche autour de l’interprétation historiquement informée, rendue possible notamment grâce aux collections patrimoniales d’instruments de musique.

Premier concert: Cordes pincées ou cordes frappées?
Concerts comparatifs sur instruments historiques
Œuvres de C. P. E. Bach (1714-1788)
Avec Pierre Goy et Nicole Hostettler
CHF 20.-¦CHF 15.-, gratuit jusqu’à 18 ans
En vente à l’Espace Ville de Genève, la Maison des arts du Grütli, Cité Seniors, Genève Tourisme & Congrès et sur place une heure avant le concert

 

 

 

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l Catégorie: Blog, Vie du Musée.

Une réponse à Musée¦Musique 2014

  1. La preuve que les belles choses peuvent résister au intempéries du temps.

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