Métamorphoses

Dans le cadre de la Saison Antique, le MAH propose une présentation autour du célèbre texte d’Ovide.

À l’étage des Beaux-Arts, les chefs-d’œuvre de Ferdinand Hodler ont retrouvé leur place au sein du nouvel accrochage des collections modernes, après l’étape bernoise de l’exposition Hodler//Parallélisme. Dans cette salle «revisitée», les paysages du peintre suisse sont mis en regard de ses grandes compositions symboliques. Les salles 15 et 23, désormais réservées à des accrochages temporaires d’œuvres des collections d’arts plastiques, font écho à la Saison antique avec une présentation consacrée à la riche postérité visuelle d’un des chefs-d’œuvre de la littérature antique, les Métamorphoses d’Ovide.

«Je me propose de dire les métamorphoses des formes en des corps nouveaux.» Par cette formule concise, Ovide ouvre l’ample poème épique des Métamorphoses, dont les quelque douze mille vers, composés au Ier siècle après J.-C., relatent l’histoire mythique du monde, du chaos originel à l’apothéose de Jules César et au principat d’Auguste. Plus de deux-cent-trente récits tissent un entrelacs fascinant et complexe, dans lequel prolifèrent les lieux, les temporalités et les transformations diverses subies par les protagonistes. Le poème reflète un monde où la métamorphose, au-delà de sa fonction poétique, se révèle comme le principe même qui régit l’univers: «Tout change, rien ne périt.» Mutations stellaires, végétales, minérales et animales, Ovide excelle dans la narration de ces transitions d’une inépuisable variété.

Métamorphoses – Salles permanentes. Photo: Mike Sommer

Métamorphoses «métamorphosées»: à l’image des formes sans cesse changeantes du poème, les interprétations plastiques de l’œuvre d’Ovide n’ont cessé de se renouveler, multipliant les variantes iconographiques. Par le nombre de ses éditions, souvent illustrées, et de ses réécritures, traductions et commentaires, sources de nouvelles interprétations, cet inépuisable réservoir de sujets mythologiques a en effet connu une postérité extraordinaire, de l’Antiquité à nos jours. Au sein de ce corpus visuel abondant, la sélection d’œuvres de la collection du MAH présentées en salle 15 s’attache à mettre en valeur plusieurs thématiques: le monde en création et en constante mutation; la figure de Bacchus, dieu par excellence des transformations; le désir et la violence, au cœur des transfigurations; la temporalité fugace de la métamorphose.

Réservée aux arts graphiques, la salle 23 se concentre sur un ensemble de gravures des XVIe et XVIIe siècles, dues pour la plupart au génie inventif du peintre, dessinateur et graveur Hendrick Goltzius (1558-1617). Ses compositions foisonnantes et savamment élaborées dévoilent un corps humain en constante transformation. De manière complémentaire, les deux volets de cet accrochage rendent manifeste la complexité des relations entre représentation visuelle et littéraire, image fixe et mouvante du mythe.

Ce texte est tiré du MAHG, magazine du Musée d’art et d’histoire, paru en janvier 2019.

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