Les eaux fortes d’Evert van Muyden

500 planches cataloguées au Cabinet d’arts graphiques

Parmi les fonds d’estampes du XIXe siècle conservées au Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire, un ensemble exceptionnel d’environ cinq cents planches d’Evert van Muyden (1853-1922) vient de bénéficier d’une vaste opération d’inventaire et numérisation.¹ Peintre et graveur suisse, Evert est né en Italie où il s’est formé à Rome avec son père Alfred van Muyden. Après un passage à l’École des beaux-arts de Genève, il suit les cours du peintre Carl Steffeck à Berlin et ceux de Jean-Léon Gêrome à l’École des beaux-arts à Paris, où il s’installe dès 1884. Il y reçoit la Mention d’honneur pour ses eaux-fortes au Salon de 1887 et la médaille de bronze lors de l’Exposition Universelle de 1889.

Evert van Muyden (1853-1922), Autoportrait aux pointes de graveur, 1890.
Eau-forte, 170 x 105 mm ©MAH, inv. E 2019-0796

Un fonds genevois

Ce fonds du Cabinet d’arts graphiques témoigne de l’intérêt de Genève pour l’art contemporain du siècle: acquises entre les années 1890 et 1900, ces estampes proviennent principalement de la collection de l’ancien Musée d’arts décoratifs de Genève (dont elles portent le tampon). Elles sont, de surcroît, signées au crayon par l’artiste, pratique de plus en plus répandue à cette époque, et certaines portent même le tampon du monogramme de l’auteur (EVM).

Evert van Muyden (1853-1922), Enfants au soleil. Hermance, lac de Genève, 1894.
Eau-forte, 120 x 80 mm ©MAH, inv. E 2019-0900

Portraits, paysages et animaux

Dans ces estampes, van Muyden montre des sujets variés: des paysage et scènes de genre de la campagne italienne, des sujets militaires, des autoportraits et des portraits de membres de sa famille, des personnages de l’époque. On y trouve également des planches sur des animaux sauvages que l’artiste réalise inspiré par ses visites au Jardin des Plantes à Paris et au zoo de Bâle, ainsi que des papiers à lettre ornés des motifs animaliers dans les angles, des croquis pour des projets de timbres et cartes de vœux.

Evert van Muyden (1853-1922), Étude d’éléphant et différents animaux, 1888.
Eau-forte, 435 x 320 mm ©MAH, inv. E 2019-1134

Evert van Muyden (1853-1922), Lion sur les rochers, 1889.
Eau-forte avec remarques, sur parchemin, 393 x 315 mm ©MAH, inv. E 2019-1474

Un statut d’œuvre à part entière

L’artiste maîtrise très rapidement la technique de l’eau-forte à laquelle il se consacre dès 1875 en autodidacte. Il exécute la majorité de ses planches en faisant preuve d’une grande virtuosité, mais il utilise également d’autres procédés comme la pointe sèche, l’aquatinte et la lithographie. Avec la mise en valeur et le rayonnement de la technique de l’eau-forte au milieu du XIXe siècle, l’estampe a acquis un statut d’œuvre originale, unique et rare. Les artistes cherchent l’individualisation et la personnalisation de celles-ci à travers des impressions sur des papiers choisis, de qualité, qui sont dédicacés et qui contiennent parfois des remarques (petits croquis dans les marges d’une plaque à graver). Dans le cas des estampes de van Muyden, le Cabinet d’arts graphiques conserve des impressions sur papier japon ou parchemin et plusieurs contiennent de curieux motifs décoratifs dans les marges.

 

1. Le Cabinet possède également une collection de dessins du père d’Evert, Alfred van Muyden (1818-1898), et de son frère, Henry (1860-1936).

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