Stèle funéraire avec inscription en arabe, XII e -XIII e siècle, Gaza 
© photo: S. Crettenand

Le code de déontologie de l’ICOM fête ses 30 ans

Les 7 et 8 décembre, le MAH co-organise un colloque sous forme de bilan

Trente ans après l’adoption du code de déontologie des musées par le Conseil international des musées (ICOM), un colloque co-organisé par les Musées d’art et d’histoire de Genève se propose de dresser un premier bilan de la déontologie muséale et de son universalité. Les 7 et 8 décembre, des professionnels des musées, des experts du patrimoine ainsi que des juristes se réunissent pour mener une réflexion sur ses principes et enjeux fondateurs et sur son évolution.

La déontologie ou «l’art de se poser les questions avant qu’il ne soit trop tard». La formule, empruntée à Christian Vigouroux dans son cours sur la déontologie, fait écho à celle du philosophe Jeremy Bentham en 1834, concepteur de la déontologie dont la fonction était de «donner au moteur social toute l’influence du moteur personnel». C’est à partir de cette «arithmétique des plaisirs», sur laquelle le philosophe anglais fonde sa science de la morale, que peut être tracée la généalogie de la déontologie, qui infuse des principes éthiques dans nos systèmes juridiques et institutionnels, qui côtoie le droit – sans toujours s’y confondre – et qui pose un corpus de références devant guider notre conduite.

Dans le domaine du patrimoine culturel et des musées, la déontologie compose une figure normative, conçue par voie d’autorégulation, produisant une médiation entre l’exercice professionnel et les politiques publiques susceptibles d’être prolongées et affermies par des principes éthiques. Ces politiques demeurent, pour l’essentiel, adossées à des processus de constitution d’une mémoire collective, dont les contours peuvent néanmoins fluctuer et dont le patrimoine culturel est le reflet obligé. Sur des champs parallèles, d’autres enjeux relient les responsabilités des professionnels; la génétique des normes déontologiques produit un ordre parallèle et complémentaire à celui de la fabrique du droit par les organes de l’État ou par les institutions internationales.

Stèle funéraire avec inscription en arabe, XIIe -XIIIe siècle, Gaza © photo: S. Crettenand

Stèle funéraire avec inscription en arabe, XIIe -XIIIe siècle, Gaza © photo: S. Crettenand

 

Un code de conduite qui fait référence dans le monde des musées

C’est dans ce sillon que s’inscrit le code de déontologie des musées, adopté par l’ICOM en 1986. En trente années, ce code s’est imposé comme un corpus de références pour l’ensemble des institutions muséales, réparties sur les cinq continents. Aujourd’hui 20 000 musées et plus de 35 000 professionnels de musées sont liés par des mêmes règles, matrices d’une profession au service de la conservation de la diversité des cultures et de notre patrimoine commun, pour le bénéfice du public et des générations futures.

L’adoption de ce code par le Conseil international des musées, en 1986, a marqué une étape clé dans l’autorégulation et la reconnaissance des professionnels de musée. L’éthique des acquisitions adoptée en 1970 par l’ICOM, dans le sillage de la Convention UNESCO de la même année sur la prévention du trafic illicite et le retour des biens culturels, inaugurait cette recherche de préceptes déontologiques pour guider l’exercice de la profession et par là-même la gouvernance des musées. Ces mêmes préceptes ont pu parfois inspirer la révision des législations nationales, à l’instar de l’obligation de diligence dans l’acquisition des biens culturels ou de la notion de provenance.

Un colloque pour dresser un premier bilan

La révision du code de l’ICOM, initiée dès 1998 et achevée en 2004, a permis d’inclure dans le champ de la déontologie des sujets présents au cœur de l’actualité: trafic illicite, restitution, patrimoine dans les guerres, restes humains… Le code est ainsi devenu la référence ultime, dont la vocation demeure de gouverner la conduite des responsables et des spécialistes en charge des musées et du patrimoine. Ceux-ci sont devenus de fait les garants et les gardiens du code.

La reconnaissance de la portée du code de déontologie de l’ICOM, de son caractère fondateur d’une pratique professionnelle renouvelée, et de la valeur universelle des préceptes qu’il diffuse, est dorénavant acquise. Trente après, le colloque qui se tient les 7 et 8 décembre est l’occasion d’évaluer et d’interroger les principes et les enjeux qui fondent la déontologie muséale et de proposer une réflexion prospective sur ce corpus de normes éthiques pour des musées au service de la société.

 

Le colloque intitulé « Le code de déontologie de l’ICOM pour les musées, 1986-2016. L’universalité de la déontologie au service du patrimoine«  est organisé par les Musées d’art et d’histoire de Genève, la Chaire UNESCO en droit international des biens culturels de l’Université de Genève et l’Institut des Sciences sociales du Politique (ISP – UMR 7220, ENS Cachan, Université Paris Ouest Nanterre). 

Il se tient les 7 et 8 décembre 2016 au Musée d’art et d’histoire de Genève, au Musée d’éthnographie de Genève et à l’Université de Genève-Uni Bastions.

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l Catégorie: Blog, Vie du Musée.

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