Le catalogue de collection

Une publication qui transcende les modes…

Il est des genres qui transcendent les modes. Le catalogue de collection peut sans aucun doute être classé dans cette catégorie. Dans celui qui accompagne l’exposition Peintures italiennes et espagnoles présentée dans les salles beaux-arts du Musée d’art et d’histoire, les deux directeurs de publication, Frédéric Elsig et Mauro Natale, consacrent leur introduction à un vibrant plaidoyer pour lesdits catalogues.

Avec la modestie du chercheur, ils rappellent que le catalogue de collection est un état transitoire des connaissances. À les lire, on en douterait presque tant cet ouvrage recèle une prodigieuse érudition. Mais restons lucide, les étudiants d’aujourd’hui sauront remettre en cause les acquis de ce livre quand ils n’iront pas jusqu’à bousculer les attributions. Ainsi va la recherche.

L’angle d’étude, l’histoire du goût, et une présentation classique rendent cet ouvrage maniable –malgré sa taille – et agréable à consulter. Cependant, inévitablement, les auteurs posent la question du bien-fondé d’une édition papier. Une question dont nous débattons régulièrement. Car s’il est vrai que l’édition numérique a longtemps cherché à se démarquer du simple inventaire en ligne avec plus ou moins de bonheur, les progrès sont aujourd’hui tels qu’en la matière, le papier paraîtra bientôt superflu. Et l’édition numérique permet des mises à jour régulières et peu onéreuses. Elle garantit enfin une diffusion infiniment plus large et comporte des qualités environnementales indéniables.

Une longue tradition

Quoiqu’il en soit, la tradition en matière de publications – sur papier, bien sûr! – est longue au sein des Musées d’art et d’histoire. Nombreux sont les catalogues qui recensent et étudient nos collections de manière systématique. On se souvient des ouvrages consacrés aux peintures françaises (1996) et aux peintures flamandes et hollandaises (2009), pour ne citer que les plus récents.

On notera également, dans les collections d’objets d’histoire, la parution récente de quatre catalogues raisonnés consacrés aux collections byzantines de notre institution. Lorsque l’on sait que paraîtra, dans quelques mois, le catalogue raisonné des peintures et dessins de Jean-Pierre Saint-Ours, on mesure la bonne foi de quelques plumes errantes qui, à Genève, prétendent que la recherche est en berne aux Musées d’art et d’histoire!

Télécharger l'article au format PDF
l Catégorie: Blog, Collections.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *