La Vierge de Vladimir du Musée d’art et d’histoire

Le Musée d’art et d’histoire de Genève est la seule institution publique de Suisse qui possède une collection d’icônes présentée de manière permanente. Celle-ci, essentiellement formée à partir de dons et de legs, comprend des œuvres crétoises, grecques et russes réalisées entre le XVe et le XIXe siècle. La Vierge de Vladimir est l’une des icônes léguées au musée par Tatiana Slonim en 1986, cantatrice, épouse de Marc Slonim et citoyenne américaine d’origine russe, qui passa la dernière partie de sa vie à Genève. Elle partagea sa collection d’icônes entre le musée et l’église de la paroisse orthodoxe grecque francophone de Chambésy, Sainte-Catherine.

L’œuvre montre une Vierge qui tient l’Enfant contre son épaule droite, celui-ci appuyant son visage contre la joue de sa mère. Cette représentation reprend le modèle iconographique byzantin de la Theotokos (Mère de Dieu) Glykophilousa (au doux baiser). On doit en effet rappeler qu’une œuvre semblable, faite au XIe siècle à Constantinople, fut envoyée par le patriarche Luc au début du XIIe siècle à Vychorod, près de Kiev, puis transférée à Vladimir par le prince André Bogoliubski où elle devint l’étendard de son armée. Enfin, à partir du 23 juin 1480, elle fut vénérée à Moscou en tant que Vierge Vladimir. Depuis lors, elle fut copiée de nombreuses fois et devint un archétype très répandu dans la peinture religieuse russe.

« Vierge à l’Enfant Vladimirskaïa », XVIe siècle, Moscou (?), legs de Tatiana Slonim, 1986, © MAH, photo: B. Jacot-Descombes, inv. 1986-96

L’or pour les détails

Marie est revêtue d’une robe et du maphorion de couleur pourpre, frangé et bordé d’un galon or, tandis que l’Enfant porte une tunique rouge vif hachurée d’or. Ce métal précieux a donc été largement utilisé pour les détails; en revanche, l’or du fond a totalement disparu aujourd’hui.

Cette icône en bon état n’a subi que peu de restaurations; celles-ci sont cependant visibles sur les pouces de la Vierge. Son fond est constellé de traces de petits clous qui témoignent qu’elle était couverte, à l’origine, d’un revêtement métallique. D’après sa qualité, on peut attribuer la peinture du Musée d’art et d’histoire à la production moscovite du XVIe siècle. À cette époque, la ville de Moscou était déjà devenue le grand centre culturel et artistique de la Russie.

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