La Saison antique au MAH

Une année pour partager le goût de l’Antique

Dans un musée d’art et d’histoire occidental, l’antiquité gréco-romaine est omniprésente. Des plus lointains vestiges archéologiques aux créations contemporaines les plus téméraires, le panthéon gréco-romain est source inépuisable d’inspiration. Avec sa riche programmation, la Saison antique que vous propose cette année le Musée d’art et d’histoire en est la preuve.

Fierté genevoise

La curiosité des Genevois pour leur histoire et leur patrimoine local ne s’est jamais démentie. Dès le XVIe siècle, des monnaies et des inscriptions découvertes dans le sous-sol de la Cité sont préservées et considérées comme biens publics. Ce corpus s’enrichit au fil du temps et atteint son apogée au XIXe siècle avec l’Égypte, la Grèce et l’Italie qui prennent place dans les collections. Le mécénat porté par la solide érudition de Gustave Revilliod et Walther Fol – l’un et l’autre récemment honorés par la Ville de Genève – a permis de réunir l’une des plus importantes collections d’antiques conservées dans un musée suisse. Depuis l’ouverture du Musée d’art et d’histoire en 1910, ce fonds occupe un large espace que vient régulièrement enrichir la recherche moderne menée par le Service cantonal d’archéologie de Genève.

L’Empereur Trajan
Statue monumentale d’Ostra Vetere (détail), 112-113 apr. J.-C.
Sculpture en ronde-bosse, marbre de Carrare (Italie), 213 x 114 cm
©MAH, photo: B. Jacot-Descombes, inv. 8938

Études comparées et médiation

Cet héritage constitue l’un des piliers du MAH. Sa diversité nous intime de mettre en valeur ces collections dans un esprit d’encyclopédisme assumé tout en développant des complémentarités entre les domaines d’études. Cette Saison antique illustre avec vigueur ce que la connivence entre les conservateurs peut apporter d’interprétations nouvelles d’objets pourtant largement étudiés. Et cette approche ne saurait s’arrêter là. En effet, c’est en multipliant les études comparées avec les musées helvétiques et internationaux que s’épanouissent le mieux nos collections. Enfin, sur le plan de la médiation culturelle, le musée a aussi son rôle à jouer face au recul de l’apprentissage des langues anciennes et le peu d’espace dévolu à la connaissance des auteurs classiques à l’école: l’œuvre d’art et l’objet d’histoire sont à même de rendre ces matières plus accessibles.

César et le Rhône

Forte de ces principes, l’exposition César et le Rhône. Chefs-d’œuvre antiques d’Arles est le fruit d’une réflexion menée conjointement avec Claude Sintes, directeur du Musée départemental Arles antique. Elle a pour point de départ la volonté de proposer au public une lecture archéologique du destin croisé de deux villes, situées aux deux extrémités d’un fleuve essentiel au développement du commerce européen depuis la préhistoire. Le musée d’Arles renferme pour sa part des collections souvent issues de fouilles récentes. De son côté, le MAH conserve des antiquités de qualité historique et esthétique mais souvent sorties de leur contexte d’origine. La confrontation de ces deux collections est ainsi une occasion unique d’analyser et présenter l’acquis de cinq siècles de conservation dans les deux cités.

Claude Gellée, dit Claude Lorrain (1600-1682), Argus et Mercure, 1662.
Eau-forte, retouches à la plume et encre brune; état contre-épreuve de l’état I/III
©Cabinet d’arts graphiques du MAH, Genève, inv. E 2011-0145

Au sortir de l’exposition, une déambulation dans  les galeries du MAH, en particulier les salles gréco-romaines, s’impose. À l’étage beaux-arts, vous pourrez méditer sur les Métamorphoses d’Ovide et, cet automne au rez-de-chaussée, revisiter le salon de Cartigny enrichi d’une sélection d’œuvres néoclassiques. Au gré de votre visite dans le reste du musée, vous aurez l’occasion de trouver par vous-même de précieuses références à l’Antiquité… Un passage à la Promenade du Pin s’avère également indispensable pour profiter au Cabinet d’arts graphiques d’un ensemble d’estampes de Claude Lorrain, adepte de la campagne romaine et de ses vestiges antiques. Enfin le périple s’achève à la Bibliothèque d’art et d’archéologie, où vous attend un voyage fantastique et fantasmé autour d’une sélection d’ouvrages reflétant la manière dont les auteurs, les historiens et les graveurs percevaient  l’Antiquité dès le XVIsiècle.

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l Catégorie: Blog, Vie du Musée.

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