pied de la flûte-canne, © MAH, inv. 9393

La canne à système, un accessoire indispensable au XIXe siècle!

Les cannes à système furent innombrables au XIXe siècle, leur âge d’or. De fait, l’intérêt pour la technique et la recherche autour de procédés nouveaux et ingénieux marquèrent de manière phénoménale ce siècle. La canne à système devint ainsi l’accessoire indispensable, celui qu’il était impératif de porter et de changer au cours d’une même journée en fonction des heures et des circonstances. Au même titre que les chapeaux pour les femmes, la canne était considérée comme un complément vestimentaire essentiel.

Canne-flûte, France (?), XIXe siècle, don Sarah-Dorance Galopin, Pregny, 1908, © MAH, inv. 9393

Parmi les cannes à systèmes figurait la catégorie des cannes musicales, dont l’intérêt et l’usage auprès de la noblesse au XVIIIe siècle, relayée par la bourgeoisie aisée du siècle suivant, furent stimulés par l’engouement pour la nature et la campagne. Les cannes-flûtes, appartenant à l’ensemble des cannes-instruments à vent, furent sans conteste les plus populaires, aussi bien présentes lors d’excursions à la campagne, de voyages, ou de pèlerinages. Certaines d’entre elles, en plus de produire des sons, renfermaient des épées ou des dagues, accessoires non négligeables en cas d’attaque fortuite au détour d’un chemin.

La pièce conservée au Musée d’art et d’histoire correspond à une canne-flûte traversière, ainsi désignée car pourvue d’une embouchure latérale, qui implique une tenue perpendiculaire au corps. Taillée dans du bois de poirier, elle est formée de quatre sections coniques qui s’emboîtent les unes dans les autres, délimitées par des anneaux en os; elle comporte une unique clé en laiton, capitonnée et de format carré. Le fût présente un diamètre de 4,5 cm à son sommet, non loin de l’embouchure, et va en s’amenuisant en direction de la pièce terminale, vraisemblablement manquante, reposant sur le sol.

La canne-flûte du MAH comporte une unique clé en laiton.

Préciser la provenance et la datation de cet instrument reste malaisé du fait de l’absence de signature et d’indication concernant les circonstances d’acquisition par son ancien propriétaire, Camille Galopin (Genève, 1861–1904). La pièce devait vraisemblablement être chère à ce dernier car elle était mise en valeur dans l’une des deux imposantes vitrines qui entrèrent dans les collections du musée en 1908 et qui présentaient quelques-uns des quatre-vingt-treize instruments de musique placés par le collectionneur lui-même.

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