Horace de Saussure par lui-même (1/2)

L’autoportrait du peintre genevois vient de bénéficier d’une restauration

Horace de Saussure, né à Genève le 15 mai 1859 et décédé le 18 septembre 1926 à Vézeronce, en Isère (France), demeure, comme tant d’autres peintres genevois, inconnu du public. Pourtant, le Musée d’art et d’histoire conserve quelques œuvres dessinées et peintes, parmi lesquelles un autoportrait, tout juste restauré et à découvrir en ce moment dans les salles beaux-arts. Sa qualité d’exécution surprend et s’impose immédiatement au regard de l’observateur attentif (fig. 1).

Fils du naturaliste genevois Henri Louis Frédéric de Saussure (1829-1905) et de Louise Élisabeth de Pourtalès (1837-1906), Horace de Saussure, contrairement aux peintres de sa génération, ne suit pas de formation auprès de Barthélemy Menn (1815-1893) à l’école des Beaux-Arts, mais se forme par l’observation directe des œuvres au Musée Rath et au contact du peintre Gustave de Beaumont (1851-1922). Il s’expatrie à Munich avant de rejoindre l’académie de Düsseldorf, où il intègre la classe de peinture de Johann Peter Theodor Janssen (1844-1908), qui lui révèle «l’art de fixer un mouvement, une attitude dans le raccourci synthétique du croquis». Son autoportrait réalisé en 1885 date de cette période de formation.

Fig. 1 Horace de Saussure (1859-1926), Autoportrait, 1885
Huile sur panneau, 46 x 37,2 cm. Tableau après traitement ©MAH, inv. 1922-12

Son apprentissage se poursuit à Paris, auprès de Charles Auguste Émile Durant, dit Carolus-Duran (1837-1917), avant son retour à Düsseldorf pour trois ans. Sur place, il reçoit une commande pour le décor du plafond du Théâtre de la ville.

En 1887, il remporte un premier prix pour l’affiche du Tir fédéral à Genève et obtient, dix ans plus tard, un deuxième prix pour la décoration extérieure du Musée national suisse. Entre ces dates, nous savons qu’il effectue un voyage aux États-Unis: il arrive à New-York le 27 avril 1891, sur le paquebot Bretagne, en provenance du Havre, pour y rejoindre son frère, architecte. «Il avait fait la traversée en seconde classe, et son nom est suivi de la mention ‘touriste’ dans les registres de l’immigration (…)».

Quant à la diffusion de son œuvre, il participe en 1896 à l’Exposition nationale de Genève en présentant deux tableaux : Coin de parc et Soleil d’automne, alors que la Confédération acquiert en 1904 La Jeune Dame au Violon, présentée lors de la Huitième Exposition nationale suisse des Beaux-Arts au palais de Rumine à Lausanne, manifestation dont il réalise l’affiche (fig. 2). Ce tableau sera ensuite déposé temporairement au Musée Rath à Genève.

Fig. 2 Affiche de l’Exposition nationale suisse des Beaux-Arts de 1904,
réalisée par Horace de Saussure ©MAH, A. Longchamp

En 1906, il expose à Genève des paysages aux côtés d’Édouard Vallet (1876-1929) et Henri Duvoisin (1877-1959) dans une salle du Bâtiment électoral.

À sa mort, aucune exposition n’est organisée. Le poète genevois Jules Cougnard (1885-1937) lui consacre toutefois un hommage dans les Pages d’art, où quatre tableaux sont publiés – dont Horace de Saussure par lui-même, acquis en 1922 par le Musée d’art et d’histoire grâce au Fonds Diday.

Il faut attendre 1957, et l’exposition Cent ans de peinture genevoise, pour pouvoir à nouveau découvrir sur les cimaises du Musée Rath et du Musée de l’Athénée quatre peintures, parmi lesquelles figure notre autoportrait, intitulé pour cette occasion Portrait de l’artiste.

Cet texte est extrait de Genava 64, qui vient de paraître.

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