Hodler: influences et postérité

Le MAH présente trois facettes de l’art du peintre suisse

Depuis le début de cette année de commémoration, la vie et l’oeuvre de Ferdinand Hodler font l’objet de différentes expositions et publications. L’heure est venue de dévoiler au public des aspects plus secrets de sa production. À partir du 28 septembre, une présentation de certains de ses carnets ainsi qu’une exposition-dossier, centrée sur l’étude scientifique et la conservation de ses œuvres, prennent place dans le parcours beaux-arts du Musée d’art et d’histoire. Mais Hodler s’installe aussi dans la salle des Armures pour faire écho à la figure traditionnelle du guerrier suisse.

Hodler et le guerrier suisse: de la figure historique à l’icône patriotique

1) Ferdinand Hodler, Guerrier à la hallebarde, 1895/1896. Huile sur toile, 326 x 106,7 cm
2) Lamprecht Koller, Würenlos (Argovie), Hallebarde, entre 1663 et 1681. Acier, bois, 201,4 cm
© MAH Genève, photos : F. Bevilacqua, inv. 1939-0030; inv. 2239

La salle des Armures accueille une présentation originale mettant en scène la figure traditionnelle du guerrier suisse, dont le peintre a renouvelé la vision pour créer, non sans polémiques, des images vouées à s’imposer comme de véritables icônes nationales. En regard de celles-ci, des armes illustrent l’équipement du combattant confédéré au temps des guerres de Bourgogne et d’Italie. Ce dialogue permet d’évoquer le processus créatif de l’artiste et de replacer son oeuvre historique dans le contexte d’une époque en quête de symboles identitaires. En témoignent les fameuses représentations des batailles de Morat et de Marignan destinées au Musée national suisse, pour lesquelles le MAH conserve de nombreux travaux préparatoires.
Corinne Borel, collaboratrice scientifique

Les carnets de Hodler: un trésor de poche

1) Ferdinand Hodler, Couverture du carnet 203 annoté par l’artiste, 1913. 
Plume et encre de Chine, 172 x 107 mm  
2) Ferdinand Hodler, Croquis de composition pour Regard dans l’infini et autoportrait, 1912
Crayon de graphite, 174 x 220 mm
©MAH, photo: Reprosolution, inv. 1958-176-203; inv. 1958-176-188, pp. 10-11

L’un des principaux trésors du fonds Hodler du MAH n’occupe pas plus d’un rayonnage d’étagère. Il s’agit de 241 carnets de notes et croquis qui ont accompagné le peintre sa carrière durant, recueillant au quotidien les fulgurances de son inspiration comme de prosaïques pense-bêtes domestiques. Plusieurs dizaines de ces modestes fascicules sont ainsi présentés, permettant de plonger au cœur de ces «journaux intimes de la création». On y découvre autant les coulisses de la vie d’un homme que le processus créatif de certaines de ses compositions les plus célèbres, de la première idée à la réalisation finale.
Caroline Guignard, assistante conservatrice au CdAG

Hodler(r)estauré

Ferdinand Hodler, Portrait de Francine Maylac, 1916. Huile sur toile, 47,5 x 43 cm
De gauche à droite, avant et après restauration
©MAH, photos: J.-P. Kuhn et F. Bevilacqua, inv. 1939-55

Cette présentation, liée au travail de conservation-restauration, est basée sur le choix de trois peintures: le Portrait de Francine MaylacL’Homme à la jambe de bois et la première version du Garçon enchanté. Elle vient mettre en lumière les étapes de leur réalisation à travers des œuvres graphiques et une imagerie scientifique complète. La question de leur conservation matérielle est également abordée par un film documentaire et des supports didactiques qui retracent le déroulement des traitements de restauration.
Victor Lopes, responsable de la Conservation-restauration

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