Fascination du Liban, une exposition à faire découvrir aux élèves

L’exposition Fascination du Liban qui se tient au Musée Rath du 29 novembre au 31 mars présente un patrimoine exceptionnel provenant principalement du Musée national de Beyrouth, mais également de plusieurs collections privées. Il est exposé pour la première fois hors du Liban. Cette présentation permet un parcours à travers toutes les civilisations du Liban, de la fin du Néolithique à l’époque moderne. L’exposition couvre donc 6000 ans et les élèves peuvent prendre conscience de la succession de peuples et d’empires sur une terre grande comme la Suisse romande!

L’histoire et le patrimoine libanais ne figurent naturellement pas en tant que tels dans les programmes scolaires. Pourtant, une visite de l’exposition avec une classe permet d’aborder de nombreux points inscrits dans le PER, et ce dans différentes disciplines. Elle met surtout les élèves en présence d’objets originaux, dont certains ont plus de 4000 ans. Elle permet également d’évoquer leur contexte de découverte, les informations qu’ils contiennent et, ainsi, de se familiariser avec des sources, éléments essentiels de la fabrique de l’Histoire.

La chronologie, son découpage et ses lignes du temps

Que ce soit dans le programme d’histoire de l’école primaire ou celui du cycle d’orientation, la chronologie et son découpage font partie des bases de son enseignement. L’exposition, qui suit un déroulé chronologique, permet de vivre ce déploiement du temps à travers un parcours étape par étape, faisant se succéder les Âges du cuivre, du bronze et du fer – durant lequel se développe la civilisation phénicienne. Puis des époques mieux connues sont évoquées: la période hellénistique qui suit la conquête d’Alexandre le Grand et la romaine après celle de Pompée. La période byzantine lui succède, après la séparation des Empires romains d’Orient et d’Occident et la christianisation. Dans sa période médiévale, l’exposition évoque les dynasties musulmanes, pour finir à l’époque moderne par les Ottomans qui prennent la région en 1516 et la gardent jusqu’au démantèlement de l’empire au lendemain de la Première Guerre mondiale.

« Figurine d’un babouin », Byblos, « temple aux obélisques », Âge du bronze moyen, Ministère de la culture du Liban, Direction générale des Antiquités, Photo: MAH, CHAMAN studio, S. Crettenand

L’histoire libanaise permet également de mettre en perspective notre découpage chronologique, centré sur l’histoire de l’Europe occidentale, avec celui du monde oriental.

Des polythéismes antiques aux monothéismes: l’histoire des religions

L’histoire des religions est aussi au cœur de l’exposition, qui démarre avec les premières traces de religiosité et de rites funéraires, pour ensuite se développer autour des divinités phéniciennes: Astarté et Echmoun notamment. On retrouve dans la suite du parcours quelques éléments du panthéon gréco-romain (Apollon, Mercure, Jupiter) et de sa mythologie (sarcophage du jugement d’Oreste, mosaïque du dieu Nil). Enfin, les éléments propres à la christianisation sont abordés dans la section byzantine: éléments de décor d’églises byzantines, objets liés au culte et icônes. L’art islamique apparaît dans les sections consacrées au site d’Anjar, omeyyade, puis à travers les stèles funéraires et la céramique ottomanes.

« Passion de saint Georges », Ne’meh al-Musawwir, 1666, collection Abou Adal, © Akg-Images, photo: A. Held

Une aventure passionnante: l’écriture

Autre fil rouge que l’on peut dérouler au fil de l’exposition: l’histoire de l’écriture. Le Liban est à ce titre une terre exceptionnelle. On peut ainsi observer des tablettes cunéiformes, témoins de l’utilisation de cette écriture comme langue diplomatique de la région. Quelques objets révèlent l’écriture phénicienne. Né au Liban, c’est l’un des premiers systèmes d’écriture alphabétique, à l’origine des alphabets actuels: grec, romain, cyrillique, hébreu ou arabe! Le grec et le latin sont aussi présents, bien que le latin ne soit véritablement utilisé que lors des croisades puisque, dans tout l’Orient, c’est le grec qui prédomine aux époques romaine ou byzantine. Dans les dernières sections, on peut découvrir l’arabe. Symbole des échanges, on retrouve même sur les icônes melkites (XVIe-XIXe siècles) des inscriptions en grec et en arabe!

D’autres regards: pistes pour les arts visuels

Marbre des cyclades pour les sarcophages, bronze couvert de feuilles d’or des statuettes, cornaline gravée sur des bagues, coton des robes médiévales exceptionnellement conservées, bois des icônes… autant de matériaux différents et de techniques maîtrisées par les artisans et artistes à l’origine des œuvres présentées dans l’exposition. De retour en classe, ils peuvent fournir des pistes d’expérimentation artistiques.

Sculpture en ronde-bosse, hauts et bas-reliefs, mosaïques, icônes, pièces de monnaies: de la 2D à la 3D, de l’image composite d’une mosaïque à l’image complexe d’une icône, les pistes d’observation et de réflexion artistiques sont également très riches et permettent des rencontres fascinantes pour les élèves.

Pour rappel : La médiation culturelle organise une visite spéciale destinée aux enseignants, sur inscription le mercredi 5 décembre… L’accueil des classes en visite commentée ou libre se fait sur réservation. Un dossier pédagogique est également à disposition.

 

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