Enrichissement des collections

Un médaillon symbolique signé Charles Dunant

Lorsqu’un artiste s’empare de techniques oubliées, adopte des dimensions inédites, exploite les émaux pour la décoration de pièces de volume ou s’adonne à des essais de nouvelles applications de l’émail au bijou, son oeuvre illustre le dynamisme d’une période propice à l’exercice des arts du feu… Ainsi en va-t-il de l’œuvre de Charles Dunant (1872-1948), actif à Genève au tournant du XXe siècle, dont témoigne un récent don accordé au musée en l’objet d’un médaillon rond, illustrant deux anges agenouillés au pied du Christ en croix.

Ce tableau en émail, réalisé au début des années 1930, est offert par son auteur en cadeau de mariage à Jean René et Yvonne Métraux, née Odier; celle-ci est la filleule de l’émailleur et de son épouse, également artiste. ce souvenir de famille, transmis par la donatrice, rejoint le corpus Dunant enregistré dans les collections, dont font partie six pièces acquises auprès de l’artiste par nos prédécesseurs.

Charles Dunant (1872-1948), Deux anges adorateurs au pied du Christ en croix, v. 1920-1930.
Émail peint, métal, bois, 25 x 25 cm (cadre), diam.: 12 cm (émail). 
Don de Mme Marlise Dérobert, Genève ©MAH, photo: B. Jacot-Descombes, inv. H 2018-228

Neveu de Jean-Henri Dunant, fondateur du Comité international de la Croix-Rouge, Charles Dunant étudie à l’École des beaux-arts sous la direction de Barthélemy Menn, Pierre Pignolat et Barthélemy Bodmer. Il rejoint ensuite l’École des arts industriels pour s’initier à l’émail avec Henry Le Grand Roy; il apprend notamment la technique de Limoges redécouverte par le maître genevois. Dunant y recourt au début de sa carrière pour peindre d’après des modèles célèbres, tel Le Portrait de François Ier par Jean Clouet (1480-1541). les dimensions inhabituelles de ces œuvres, comparées aux travaux de la Fabrique, valorisent néanmoins les caractères propres à l’école genevoise de peinture en émail. Ces qualités sont poussées davantage encore avec la technique des émaux cuits sur tôle de fer, qui permet à Dunant de réaliser des panneaux monumentaux, notamment pour orner le Pavillon de l’horlogerie de l’exposition nationale suisse de Zurich, en 1939.

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