Fouilles du temple de Montouhotep-Nebhépetrê à Deir el-Bahari en 1906, détail, inv. A 2006-0030-052-065, © MAH, photo: M. Naville

Égyptologie: publication de deux textes inédits d’Édouard Naville

À l’occasion de la parution de deux textes originaux de l’égyptologue Édouard Naville, petit retour en arrière sur le travail accompli sur les importantes archives du couple Naville.

En 2006, le Musée d’art et d’histoire recevait de Mme Louise Martin, arrière-petite-fille des égyptologues Édouard et Marguerite Naville, un volumineux lot d’archives qui incluait photographies, estampages, dessins et textes manuscrits. Dans le même temps, Me Frédéric Naville, son cousin et président de la Fondation Naville, confiait à l’institution des copies d’autres documents conservés dans la famille.

Une immense documentation

Le dépouillement et l’étude de cette documentation unique se poursuivent depuis lors. Photographies et dessins, qui se comptent par milliers, illustrent les travaux académiques d’Édouard Naville (édition du Livre des Morts parue en 1886; articles scientifiques). On trouve également les fouilles à la publication desquelles Marguerite Naville prit une part importante, si ce n’est primordiale. Le couple explora largement le Delta (Bubastis, Mendès, Pithom, etc.), mais également la Moyenne-Égypte (Héracléopolis, Abydos) et consacra de longues années au dégagement et à l’étude des deux temples de Deir el-Bahari, en face de Louqsor.

Le Musée d’art et d’histoire doit à leurs travaux la statue colossale de Ramsès II , ainsi que d’exceptionnels bas-reliefs des débuts du Moyen Empire. À ces sources iconographiques, la plupart inédites, s’ajoutent les textes de près de quatre-vingts conférences que prononça le fouilleur sur ses découvertes et les progrès de ses recherches.

Fouilles du temple d’Hatchepsout à Deir el-Bahari en 1893, négatif au gélatino-bromure d’argent sur plaque de verre, don Louise Martin, 2006, © MAH, inv. A 2006-30-214-07

Premiers résultats

Ces archives ont donné lieu à plusieurs articles fort documentés, parus tant dans Kaineus, journal publié par les étudiants de l’Unité d’archéologie classique de l’Université de Genève, que dans le Bulletin de la Société d’Égyptologie, Genève et bien naturellement dans Genava, la revue du Musée d’art et d’histoire. Ces contributions évoquaient tour à tour l’intérêt de cette documentation pour l’archéologie gréco-romaine, la contribution que ces archives apportaient à des documents aujourd’hui perdus, les premiers pas d’un archéologue «malgré lui», l’apport du couple aux collections du musée ou encore l’itinéraire et les errances précédant l’arrivée à Genève de la statue de Ramsès II.

Deux textes originaux

L’étape la plus récente de cette étude est la publication de deux textes inédits d’Édouard Naville. Le premier, écrit avec la verve et l’enthousiasme de la jeunesse, contient les extraits mis au net et conservés du journal qu’il avait entrepris de rédiger durant son premier voyage en Égypte (1868-1869), alors que l’étudiant qu’il était encore ne pouvait pas imaginer la carrière qui serait la sienne. Peu de naïveté dans ce récit, mais une multiplication d’étonnements, dans sa découverte des pharaons, et plus encore de l’Égypte contemporaine: ses ambitions, sa pauvreté, la sympathie que lui inspire le peuple égyptien, les extravagances de ses dirigeants. Ce texte complète admirablement l’édition des lettres que l’auteur adressa à ses parents, dressée par Denis van Berchem en 1989, dans la simple chronologie du voyage et des états d’âme du voyageur: ce qu’il n’écrit pas à ses proches est dit dans le journal et réciproquement.

Le second texte publié est le celui de ses cours inauguraux donnés à l’Université de Genève à partir de 1892. Le contraste est absolu: l’étudiant est devenu un maître. Le professeur, dans son histoire de l’égyptologie, dresse le portrait de cinq de ses prédécesseurs: Champollion, Lepsius, de Rougé, Mariette et Brugsch, qu’il a tous connus personnellement, à l’exception du fondateur de l’égyptologie. On revit ainsi les progrès, lents et réguliers de la discipline, tout en découvrant les difficultés et les travers humains de ceux qui l’ont fondée. En chemin, Naville analyse et commente les grandes orientations prises par l’égyptologie au cours du XIXe siècle: études de la langue, de la chronologie, de la littérature, de l’archéologie, la création de corpus et d’outils lexicographiques. S’il n’évoque l’étude de la religion égyptienne ancienne que par bribes, c’est que, toute modestie mise à part, Naville est bien conscient qu’il s’agit d’un domaine ardu et difficile, qu’il a pourtant été le premier à explorer d’une manière approfondie.

L’ouvrage contenant ces deux textes est publié par la Société d’Égyptologie, Genève et constitue le volume 11 de ses cahiers. Il peut être commandé directement sur le site de la société. Il bénéficie de l’appui du Musée d’art et d’histoire.

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2 réponses à Égyptologie: publication de deux textes inédits d’Édouard Naville

  1. avatar communitymah dit :

    Le MAH ne possède pas de tels dessins, mis à part deux petits brouillons d’Howard Carter, dont l’un publié dans Genava n. s. 57 (2009), p.15. Nous vous suggérons de vous rendre dans une bibliothèque ou d’utiliser le lien suivant: http://diglit.ub.uni-heidelberg.de/diglit/naville1898bd3
    Meilleures salutations

  2. avatar serge Dhont dit :

    Monsieur, Madame

    Est-ce qu’il est possible d’obtenir des copies de certains dessins de Edouard Naville?
    Il s’agit de 2 ou 3 dessins du voyage vers le Pount.

    Salutations distinguées.
    Serge Dhont

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