Salle consacrée à l'Antiquité

Du bon usage des collections

«Les Romains, après la prise de Syracuse, résolurent de transporter à Rome les plus beaux ornements de cette ville, sans exception. Cette résolution fût-elle sage? Fût-elle avantageuse ou non? C’est une question que l’on pourrait longuement discuter; mais il est bien des raisons pour conclure que ce fût une mesure mauvaise (…) Ce ne sont pas les richesses dérobées à l’étranger qui parent une ville, c’est la vertu de ses habitants.» (Polybe, Histoire générale)

Il ne faut pas faire d’angélisme, à toutes les époques répondant à des objectifs plus ou moins nobles, des hommes se sont accaparés les œuvres d’art d’autrui pour en orner leurs temples et leurs demeures.

Ce phénomène s’est accentué aux XIXe et XXe siècles avec l’expansion européenne et le développement de l’intérêt pour les «Antiquités». Nos grands musées coloniaux sont là pour en témoigner. Mais aujourd’hui à Bruxelles, Paris ou Lisbonne, les professionnels qui ont en charge ces musées travaillent en bonne intelligence avec les pays d’origine de ce «butin», multipliant échanges, expositions, collaborations scientifiques.

Le collectionneur, acteur incontournable

L’intérêt de nos contemporains pour les civilisations lointaines et leur désir d’acquérir des objets est tout à fait légitime, s’il s’inscrit dans un cadre juridique bien défini et dans le respect des règles déontologiques élémentaires. Les musées doivent beaucoup au «troisième homme» situé à mi-chemin entre professionnel de musée et marchand d’art, je veux dire le collectionneur.

Par ces dépôts, prêts, dons, le collectionneur est un acteur incontournable de la vie muséale. Mais il peut être aussi très dangereux si pour lui «la fin justifie les moyens». La relation qu’entretient le professionnel de musée tant avec le collectionneur qu’avec le marchand d’art doit reposer sur de bonnes pratiques et ne doit souffrir aucune exception.

Le Code de déontologie du Conseil international des musées (ICOM) est à cet égard le document de base que chaque professionnel de musée doit garder présent à l’esprit.

Si chaque acteur de la longue chaîne qui va de l’artiste ou de l’artisan jusqu’au visiteur ou l’acquéreur suit quelques règles élémentaires de simple humanité dans le respect de la culture de l’autre, le marché licite de l’art peu grandement s’améliorer dans la décennie à venir.

La mémoire des peuples passe par la préservation, la conservation et la transmission de leur patrimoine et tout doit être fait pour faire reculer ce qui constitue aujourd’hui le plus grave danger: le trafic illicite des œuvres d’art.

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