Des estampes de Whistler en cadeau au CdAg

L’empreinte d’un donateur exceptionnel

En novembre dernier, le Cabinet d’arts graphiques des Musées d’art et d’histoire a eu le rare privilège de recevoir sept estampes de l’artiste américain James McNeill Whistler (Lowell, Massachusetts, 1834 – Chelsea, Londres, 1903). Un don exceptionnel, de la part d’amis d’Adriaan Van Ravesteijn (1938-2015).

Ardents promoteurs de l’art conceptuel, de l’art minimal et du land art, Van Ravesteijn et son partenaire Geert van Beijeren Bergen en Henegouwen (1933-2005) ont fondé la galerie Art & Project à Amsterdam en 1968. En 2003, ils mettaient en dépôt un important ensemble d’œuvres au Cabinet des estampes, à Genève. Le duo entretenait des
relations étroites avec Christophe Cherix, à l’époque assistant-conservateur et plus tard conservateur du cabinet. Signées Carl Andre, Sol Lewitt ou Ed Ruscha, ces feuilles ont depuis été données au MAH par Van Ravesteijn.

James McNeill Whistler, The Embroidered Curtain, 1889
Eau-forte et pointe sèche, feuille : 238 x 159 mm; état I/vII ©MAH, inv. 2016-2127-002

Bien qu’il fût une figure majeure du monde de l’art contemporain, Adriaan Van Ravesteijn avait émis le souhait d’enrichir de manière substantielle le fonds du XIXe siècle du cabinet, à l’exclusion toutefois des sujets religieux. Considérant les points forts de ce
fonds – l’estampe française, notamment autour de la Société des Aquafortistes, et son équivalent britannique, l’Etching Revival –, ses proches, soutenus par Jean Bonna, mécène de longue date du Cabinet des estampes, ont choisi un ensemble de planches de James McNeill Whistler (1834-1903) , artiste majeur encore peu représenté dans les collections avec quatre planches seulement.

James McNeill Whistler, Nocturne, de la série Venice I, 1879-1880
Eau-forte et pointe sèche, feuille : 202 x 292 mm, ©MAH, inv. 2016-2128

Les sept feuilles offertes couvrent toutes les périodes significatives de son oeuvre imprimé: sa série sur la Tamise, ses séries sur Venise ainsi que ses œuvres magistrales sur Amsterdam. Elles constituent désormais le fonds le plus important de Suisse. On y apprécie le soin particulier apporté à l’impression, les subtils effets d’essuyage que Whistler apprend des estampes japonaises et son appréhension radicale de l’espace. Aucun graveur de cette époque n’est parvenu à créer des effets aussi complexes. Par ses compositions, son approche moderne de la technique de l’eau-forte et son exécution, Whistler se pose ainsi en concurrent direct de Rembrandt, l’un de ses modèles.

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