De mots en arabesques…

Les visites dansées du MAH

Depuis plusieurs années, le Musée d’art et d’histoire fait la part belle au mouvement, et en particulier à la danse. Tandis que les médiateurs invitent les visiteurs à imiter les sculptures, la chorégraphe et danseuse Lucy Nightingale était l’un des piliers du programme de médiation culturelle des expositions Hodler/Parallélisme en 2018 et Silences en 2019.

Les visites dansées du MAH

Depuis plusieurs années, le Musée d’art et d’histoire fait la part belle au mouvement, et en particulier à la danse. Tandis que les médiateurs invitent les visiteurs à imiter les sculptures, la chorégraphe et danseuse Lucy Nightingale était l’un des piliers du programme de médiation culturelle des expositions Hodler/Parallélisme en 2018 et Silences en 2019.

Comprendre la sculpture par le geste, les tableaux par la danse

Pour appréhender l’art de la sculpture, recréer soi-même la position du modèle est une approche idéale. En effet, pour ressentir la torsion des corps chez Auguste Rodin, il suffit de s’agenouiller et de s’étirer pour devenir la Muse Tragique… Les médiateurs culturels proposent des visites consacrées à la sculpture, au cours desquelles le corps du jeune public est mis à rude épreuve! Le visiteur, d’habitude passif lors d’une visite guidée, devient alors acteur et vit une réelle expérience. Il ne s’agit plus d’une sortie banale au musée mais d’un souvenir marquant, ludique et sensoriel.

Auguste Rodin, La Muse tragique, 1890 ©MAH, Alix Fiasson

Cette approche par le mouvement a été inspirée à l’équipe de la Médiation culturelle par le travail de la danseuse et chorégraphe Lucy Nightingale. Celle-ci propose de comprendre les tableaux de manière intuitive et sensorielle et cultive une approche inclusive de la danse, afin que tous les publics puissent profiter d’une découverte des œuvres sensible et résolument différente. Son travail se répartit en plusieurs volets:

  • La performance en musique, au cœur de l’exposition, inspirée directement par le contenu des œuvres. Dans Silences, la bouche barrée d’un bandeau noir, Lucy Nightingale se débattait d’une œuvre à l’autre contre un bruit assourdissant jusqu’au silence total.
Lucy Nightingale dans l’exposition Silences, 2019 ©MAH, Mike Sommer
  • La visite dansée pour les familles, en compagnie d’une médiatrice culturelle: après différents commentaires sur les œuvres, le public est invité à danser dans les pas de la chorégraphe pour mieux comprendre certains aspects de l’exposition ou s’immerger dans une œuvre. Dans l’exposition Silences, les familles voyageaient au cœur des tableaux, passant d’un paysage à l’autre: ils se reposaient au bord de l’eau devant Rêves de jeunesse (1894) de Luigi Rossi, marchaient à pas de loup dans la neige immaculée de L’Hiver (1851) d’Alexandre Calame, se blottissaient les uns contre les autres dans la cabane Ruta (2017) d’Alain Huck.
Exposition Silences, 2019 ©MAH, Alix Fiasson
  • La visite descriptive dansée pour le public aveugle et malvoyant: après la présentation orale et détaillée de plusieurs œuvres et la découverte tactile de bas-reliefs en céramique qui s’en inspirent, la danseuse décrit des gestes et des postures à recréer. En passant par le toucher, elle s’approche et dirige les gestes de chacun, invitant aussi les accompagnants à danser avec la personne malvoyante. Dans l’exposition Silences, La Grande Salle du manoir (1909) déserte peinte par Vilhem Hammershoï se révélait alors salle de bal: deux par deux, les participants dansaient sans faire du bruit tout en imaginant le parquet du tableau grincer.
Expositions Silences, ©MAH, Alix Fiasson

Au programme en 2020 et 2021

En ce dernier trimestre 2020, le nouvel accrochage de l’étage des Beaux-Arts se double d’un parcours inédit entre mots et pas de danse. Des visites en familles permettent d’aborder les œuvres différemment, de se les approprier en les ressentant. Aussi croiserez-vous peut-être, entre les tableaux, deux femmes en train de discuter et d’esquisser des gestes: il s’agit là de la médiatrice qui prépare ces rendez-vous en discutant de chaque salle et de la spécificité de certaines œuvres avec Lucy Nightingale, afin que celle-ci s’imprègne des différentes atmosphères ou des arcs narratifs qui s’y déploient. Petit à petit, d’anecdotes en analyses, naissent des pas de danse, des attitudes, de courtes chorégraphies permettant au jeune public de comprendre la notion de matérialité, de touche, de pose, de romantisme, de symbolisme ou de ronde-bosse…

Le nouvel accrochage s’organisant autour de deux axes, le portrait et le paysage, la visite oscille entre temps de pose et immersion dans des lieux inconnus, au rythme des pas de la chorégraphe et au son des mots de la médiatrice. Un tango bien rôdé qui s’ouvrira sur des Vierges à l’enfant pour s’achever sur des maternités modernes, afin que les parents puissent serrer leurs enfants dans leurs bras pour mieux les laisser partir explorer les peintures…

En 2021, ces visites sensibles seront adaptées pour les personnes en situation de handicap mental et les personnes aveugles et malvoyantes. Le grand public pourra aussi en profiter au rythme de différentes performances.

Bien évidemment, crise sanitaire oblige, masques, distances et gel hydroalcoolique seront de la partie, tout en étant mis en scène dans une courte chorégraphie créée pour l’occasion. Et n’oubliez pas de vous inscrire via la billetterie du musée!

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