Claude Lorrain: apprivoiser la lumière

Le maître du paysage classique est à l’honneur au Cabinet d’arts graphiques

Jusqu’au 16 juin 2019, le CdAG propose Apprivoiser la lumière: Claude Lorrain et la perception du paysage, une exposition qui dévoile, entre autres, un ensemble exceptionnel d’estampes acquis en 2011.

De son vivant, Claude Gellée, dit Le Lorrain (1600, Chamagne – 1682, Rome), est déjà célébré pour ses paysages idéalisés, pour son traitement virtuose de la lumière et pour son extraordinaire précision dans la représentation de la nature. Dès le début de sa carrière, il s’adonne principalement à deux genres de représentations opposés, qu’il applique aussi bien dans ses dessins et ses peintures que dans ses eaux-fortes. Il réalise d’une part des paysages pastoraux nimbés de la lumière chaude et dorée d’un soleil déclinant, dont les rayons accentuent le contour des différents éléments – arbres, animaux ou reliefs vallonnés. Il prend d’autre part le contre-pied dramatique de l’idylle arcadienne en mettant en scène tempêtes et naufrages.

Reconnu avant tout comme peintre, Claude Lorrain ne se contente pas de pratiquer l’estampe pour reproduire ses toiles, les diffuser et générer ainsi des revenus supplémentaires. La gravure lui permet également de réviser ses compositions et de développer de nouvelles solutions picturales, la représentation de la lumière n’étant jamais aussi difficile qu’avec une technique limitée au noir et au blanc.

Claude Lorrain (1600-1682), Le Troupeau en marche par un temps orageux, 1650-1651.
Eau-forte, 161 x 220 mm (feuille). Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire, Genève. Acquis avec l’aide de la Société des amis du Musée (SAMAH), Jean Bonna, Pierre Darier, Philippe et Catherine Pulfer,  inv. E 2011-0145.

Si Claude Lorrain jouit à son époque d’une grande réputation auprès des cours européennes, sa renommée s’est véritablement affirmée au XVIIIe siècle. L’une des principales raisons de cet engouement est l’intérêt croissant pour les pays méridionaux dans lesquels font étape les membres de la haute société, toujours plus nombreux à effectuer le Grand Tour à partir des années 1700. La charge émotionnelle associée à ces paysages grandit à mesure qu’ils deviennent le miroir d’expériences personnelles. Les gravures d’après les peintures de Claude Lorrain gagnent alors en faveur, tout comme les œuvres aux thèmes ou traitements similaires, notamment celles de Claude-Joseph Vernet, Thomas Major ou Josef Anton Koch, puis au XIXe siècle celles des peintres français, anglais ou genevois tels que Pierre-Louis de La Rive, Jean-Pierre Saint-Ours, Wolfgang-Adam Töpffer, Alexandre Calame et François Diday.

Claude Lorrain (1600-1682), Argus et Mercure, 1662.
Eau-forte, retouches à la plume et encre brune, contre-épreuve de l’état I/III (épreuve unique), feuille : 160 x 220 mm. Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire, Genève.
Acquis avec l’aide de la Société des amis du Musée (SAMAH), Jean Bonna, Pierre Darier, Philippe et Catherine Pulfer,  inv. E 2011-0145.

À partir d’un ensemble exceptionnel d’estampes de Claude Lorrain, acquis avec l’aide de la SAMAH et de plusieurs mécènes genevois en 2011, l’exposition propose ainsi de découvrir les différentes facettes de l’oeuvre de Claude Lorrain, sa réception critique au XVIIIe siècle, ainsi que l’assimilation et la transformation de ses modèles au cours du XIXe siècle.

 

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