Carl Wilhelm Kolbe à l’honneur au MAH

Une sélection d’œuvres de l’artiste allemand est à découvrir à l’étage des Beaux-Arts

Carl Wilhelm Kolbe (Berlin, 1757–Dessau, 1835) embrasse la profession d’instituteur avant de décider, avec son lointain parent Daniel Chodowiecki (Danzig, 1726–Berlin, 1801), de poursuivre une formation artistique à l’Académie de Berlin. Malgré son âge quelque peu avancé, Kolbe convainc rapidement ses professeurs et ses pairs de son talent de dessinateur. Établi à Dessau en 1796, il conserve une activité d’enseignant pendant quelques années, avant de se consacrer exclusivement au dessin et à l’estampe.

Son œuvre se caractérise par une sensibilité particulière au paysage et à la relation entre l’homme et la nature. Outre quelques vues typiques inspirées par Antony Waterloo (Lille, 1609–Utrecht, 1690) et par la magnificence des vastes forêts de chênes proches de Dessau, il développe un style très personnel conjuguant une description minutieuse, presque scientifique, des éléments naturels et l’expression du sentiment qu’ils inspirent. Ses sujets de prédilection sont les nus mythologiques inscrits dans le paysage, qui témoignent de la solide formation académique reçue à Berlin auprès d’Asmus Carstens (Schleswig, 1754–Rome, 1798), ainsi que les paysages en différents formats et les sujets animaliers.

Carl Wilhelm Kolbe (1757-1835), 1ère livraison de la série « Blaetter groestentheils Landschaftlichen Inhalts ». A gauche : Homme tenant un plat dans ses mains, et accompagné de son chien, 1796. Eau-forte; état unique; feuille: 257 x 182 mm. A droite: Jeune homme au milieu de la nature, 1796. Eau-forte; état II/II; feuille: 249 x 182 mm
© CdAG des MAH, E 2011-0594 et E 2011-0597

Un ensemble exceptionnel d’estampes de Kolbe

La nouvelle présentation proposée à l’étage des Beaux-Arts du Musée d’art et d’histoire réunit plusieurs groupes d’œuvres. Il s’agit d’une part d’observations de la nature, de paysages ou d’académies, auxquels s’ajoutent ce que l’on qualifie de «pièces d’herbes». Ces représentations détaillées de plantes, parfois associées à des figures humaines ou animales, provoquent, par un rapport d’échelle irréaliste, une impression d’étrangeté et d’enchantement que les amateurs prisaient déjà du vivant de l’artiste.

Carl Wilhelm Kolbe (1757-1835), Vache dans les roseaux, 1800 – 1801
Eau-forte; état V/V; feuille: 327 x 443 mm © CdAG des MAH, Ancien fonds, E 2011-0504

Un autre groupe d’œuvres est constitué d’estampes d’après les idylles et les sujets arcadiens caractéristiques des gouaches du peintre et écrivain Salomon Gessner (Zurich, 1730–1788), dans la famille duquel Kolbe vécut de 1805 à 1808.

Carl Wilhelm Kolbe (1757-1835), graveur
Salomon Gessner (1730-1788), auteur modèle
3e cahier de la série « Tableaux en gouache…de Salomon Gessner, gravées à l’eauforte par W. Kolbe »: Danse de jeunes garçons, 1806. Eau-forte; état III/III; feuille: 550 x 448 mm
© CdAG des MAH, Ancien fonds, E 2011-0512

Quelques 120 estampes de Kolbe ont été identifiées dans les anciens fonds du Cabinet d’arts graphiques en 2011, à l’occasion d’une campagne d’inventaire pour l’exposition Enchantement du paysage au temps de Jean-Jacques Rousseau (Musée Rath, 28 juin-16 septembre 2012). Ce fonds représente presque la moitié de l’œuvre total de l’artiste, et contient plusieurs planches très rares. Si Kolbe est bien connu en Suisse alémanique, la présence en Suisse romande d’un ensemble d’une telle qualité est exceptionnelle. Cette présentation au MAH en 2019 constitue ainsi un premier pas vers une meilleure valorisation de l’œuvre de Kolbe, mais aussi de l’art allemand autour de 1800.

Christian Rümelin, avec la collaboration de Caroline Guignard

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