Sylvie Aballea

Assistante conservatrice – Beaux-Arts

Sylvie Aballéa est assistante conservatrice au sein du domaine des Beaux-Arts et gère les collections du Moyen-Âge. Elle a étudié à l’Université de Genève puis de Vienne et a obtenu son doctorat ès Lettres en histoire de l’art médiéval sous la direction de Gerhard Schmidt et Roland Recht en 2000 à Genève. En 1991, elle a assisté Claude Lapaire dans le commissariat de l’exposition « Stalles de la Savoie médiévale » au Musée d’art et d’histoire. Dès 1995, elle a travaillé au Musée d’art et d’histoire, puis au Musée Ariana (collections vitrail et de verrerie) où elle a notamment organisé la « Journée annuelle du Vitrail ». En 2011, elle a rejoint le Musée d’art et d’histoire (collections médiévales) et a été commissaire des expositions «Ferveurs Médiévales» à la Maison Tavel en 2013 et de « Châteaux forts et chevaliers. Genève et la Savoie au XIVe siècle » au Musée d’art et d’histoire en 2016.

Une écritoire portative en ivoire

Un objet précieux, reflet de la vie courtoise médiévale

Au Moyen Âge, les objets en ivoire sculpté sont précieux et réservés aux personnages de haut rang. La petite écritoire, présentée dans la salle Jean-Jacques Rigaud au rez-de-chaussée du Musée d’art et d’histoire, a dû appartenir à une noble dame, particulièrement cultivée.

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Les armoiries, création du Moyen Âge

L’exposition Châteaux forts et chevaliers revient sur le rôle de ces emblèmes dans la société médiévale

L’apparition des armoiries au milieu du XIIe siècle constitue un véritable fait de société à la portée considérable et, chose remarquable pour le Moyen Âge, indépendant de l’Église. Issues du monde féodal, les armoiries permettent semble-t-il – dans un premier temps et de façon strictement utilitaire – aux combattants de se distinguer les uns des autres sur le champ de bataille ou au tournoi: afin d’identifier plus aisément les combattants revêtus de leur équipement militaire, on peint sur les boucliers des emblèmes en couleurs et composés de figures (géométriques, animales ou florales) propres à un individu, à une famille ou à un groupe d’individus. D’ailleurs les armoiries tirent leur nom du mot latin arma qui désigne surtout les armes défensives, notamment le bouclier. Les armoiries sont ensuite rapidement représentées sur les bannières, les cottes d’armes et les housses de chevaux. En quelques décennies, princes, seigneurs et chevaliers adoptent ces emblèmes qu’ils conservent leur vie durant et qu’ils transmettent à leurs héritiers, affirmant ainsi leur lien d’appartenance à une lignée.

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Les peintures murales du château de Cruet, pièce maîtresse de « Châteaux forts et Chevaliers »

Une « bande dessinée » à l’origine de l’exposition du MAH

L’idée de l’exposition Châteaux forts et chevaliers – Genève et la Savoie au XIVe siècle est née d’une opportunité qui ne se représentera plus avant longtemps. La fermeture et la rénovation du Musée savoisien à Chambéry a rendu possible le prêt de l’un des premiers cycles peints médiévaux d’édifices civils en France: les peintures murales du château de Cruet près de Chambéry, datées du début du XIVe siècle.

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Saint Pierre et Genève

À Genève…

Lié aux premiers temps chrétiens à la vénération des martyrs, étendu peu à peu aux figures exemplaires de la religion (les «confesseurs»), le culte des saints a connu jusqu’à aujourd’hui une évolution permanente. Sa réglementation par l’Église à partir des XIIe et XIIIe siècles s’est faite très progressivement, si bien que, durant tout le Moyen Âge, ses formes varièrent en fonction des volontés de la hiérarchie diocésaine, de l’implantation des ordres religieux, de la ferveur populaire ou des difficultés vécues par les fidèles qui cherchaient dans la protection des saints un remède à leur maux et une espérance de salut.

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Les saints et les saintes au Moyen Âge

Des saints disparus

À la fin du Moyen Âge, les saints et les saintes accompagnent chacun, sa vie durant, de la naissance à la mort. Le nom de baptême est notamment donné en leur honneur. On les invoque aussi régulièrement pour des demandes particulières, lors de maladies ou de difficultés. Les saints sont à la fois les amis de Dieu et ceux des hommes. Ils aident ces derniers à progresser sur le chemin du paradis. Leur dévotion est familière, affective et mêlée d’espoir. Les fidèles cherchent dans leur protection un remède à leurs maux, en particulier lors des grandes épidémies de peste. Mais c’est surtout au moment de la mort qu’ils ont besoin d’eux. Les saints sont alors les avocats des défunts pouvant adoucir le jugement de Dieu. Cependant, aux XIVe et XVe siècles, le salut individuel est une affaire collective: le sort du défunt repose entre les mains de la communauté des croyants, qui prient les saints d’intercéder en sa faveur.

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