Artiste en résidence

La comédienne et humoriste genevoise Brigitte Rosset a travaillé deux jours au MAH

Comment garder un musée ouvert alors que le public n’y a plus accès ? Comment soutenir les artistes et les encourager dans leurs créations alors qu’ils n’ont plus de lieux pour se produire ? De ces deux questionnements est née l’idée d’accueillir des artistes en résidence et de leur offrir, l’espace de quelques jours ou semaines, un lieu inspirant.

La comédienne et humoriste genevoise Brigitte Rosset a travaillé deux jours au MAH

Comment garder un musée ouvert alors que le public n’y a plus accès ? Comment soutenir les artistes et les encourager dans leurs créations alors qu’ils n’ont plus de lieux pour se produire ? De ces deux questionnements est née l’idée d’accueillir des artistes en résidence et de leur offrir, l’espace de quelques jours ou semaines, un lieu inspirant.

Après la parution d’une interview dans le journal Le Temps, dans lequel Brigitte Rosset mentionnait son souhait de développer une collaboration avec un musée, le MAH a saisi l’occasion et lui a proposé de venir travailler dans ses murs. Séduite, l’humoriste genevoise a ainsi pris ses quartiers les 3 et 5 février au cœur des salles beaux-arts. Rencontre.

© MAH, photo: M. Juvet

Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Avec la fermeture des théâtres en mars 2020 pour une durée indéterminée, j’ai tout à coup eu beaucoup de temps devant moi. En faisant de l’ordre, je suis tombée sur un recueil de chroniques rédigées par mon grand-père paternel, Eric Martin, qui était médecin à Genève. Il les publiait régulièrement à la fin des années 70, début des années 80 dans le Journal de Genève et la Gazette de Lausanne. J’ai alors décidé de me lancer dans un projet d’écriture qui me permettrait de lui répondre et de confronter nos avis, nos époques.

© MAH, photo: B. Jacot-Descombes

L’idée de cette résidence est partie d’un article publié dans Le Temps où vous avez évoqué l’envie de travailler au musée. Pourquoi le musée plutôt qu’ailleurs?

Quand j’ai évoqué cette idée, les théâtres étaient fermés alors que les musées ne l’étaient pas encore. Depuis, les choses ont changé. Toutefois, quand le MAH m’a contactée pour travailler sur mon projet quelques jours en résidence dans ses salles d’exposition, j’ai trouvé que l’idée avait du sens. Mon grand-père s’était donné pour objectif de faire découvrir l’art sous toutes ses formes à ses petits-enfants. Alors quoi de mieux que d’entrer en résonnance avec ses écrits dans un musée! Et puis, être ici me rappelle mon enfance, réveille mes souvenirs. J’ai été à l’école sur la Promenade Saint-Antoine, mon grand-père vivait rue de l’Athénée…

Après une première journée en résidence, avez-vous pu travailler comme vous le souhaitiez?

En réalité, je ne me suis pas fixé d’objectifs ; je n’avais pas d’attentes particulières en me disant qu’il faudrait écrire un certain nombre de pages. Ma première journée au MAH a été très enrichissante car cette expérience m’a ouvert de nouvelles portes et m’a permis de mettre à plat tous les possibles, avec de nouvelles idées, mais également des interrogations sur la voie à suivre.

© MAH, photo: B. Jacot-Descombes

Est-ce inspirant de travailler au cœur d’un musée? Quelles sont vos premières impressions?

Tout d’abord, il faut dire que malgré le fait que le musée soit fermé, je n’ai pas eu l’impression d’être seule! J’ai croisé beaucoup de gens qui sont venus me dire bonjour, me raconter des anecdotes. J’aime ces rencontres fortuites qui me permettent d’imaginer des personnages. Je me pose d’ailleurs la question de savoir si je vais les intégrer dans mon projet. Ensuite, il y a cette salle incroyable où j’ai décidé d’installer ma table, ma chaise et mon ordinateur. Il n’y a que des portraits: ils m’ont regardée et interrogée. Certains, signés du peintre Firmin Massot, m’évoquent mon grand-père qui avait un petit tableau chez lui.

C’est intéressant de travailler au milieu d’œuvres. D’habitude, quand on visite un musée, on se balade et on passe assez vite d’une salle à l’autre. En y travaillant, on prend le temps de regarder les tableaux dans le détail. Il y a un côté hypnotique et contemplatif.

Et puis j’ai replongé dans une chronique de mon grand-père qui parlait d’une exposition de Gustave Moreau à Paris. Il y évoquait aussi des artistes qui m’entourent aujourd’hui comme Cézanne, Monet ou les peintres de l’Ecole de Barbizon. Cela donne encore plus de sens à mon travail.

Le musée pourrait-il être un lieu dans lequel vous souhaiteriez vous produire ?

Oui mais pour l’instant je n’ai pas les idées claires. J’ai plusieurs pistes: faire des lectures ou, pourquoi pas, raconter les coulisses de cette aventure et les mettre en scène, en évoquant la pandémie qui nous oblige à nous réinventer.

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